• « Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient »

    LE MONDE | 17.11.2015

     

    « Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient »

    Laurent Fabius et le ministre du pétrole saoudien Ali al-Naimi

     le 8 novembre 2015 à Paris. Bertrand Guy/AFP

    Soyons réalistes, demandons l’impossible, clamaient dans les rues de Paris les utopistes de mai 1968. Etre réaliste aujourd’hui, c’est réclamer à ceux qui gouvernent d’aller aux racines de ce mal qui, le 13 novembre, a tué au moins 129 personnes dans la capitale française. Elles sont multiples, et il n’est pas question d’en faire ici l’inventaire. Nous n’évoquerons ni l’abandon des banlieues, ni l’école, ni la reproduction endogamique d’élites hexagonales incapables de lire la complexité du monde. Nous mesurons la multiplicité des causes de l’expansion de l’islamisme radical.

    Comme nous savons à quel point l’étroitesse des rapports entretenus dans tout le monde arabe entre les sphères politique et religieuse a pu faciliter son émergence, nous n’avons aucune intention simplificatrice. Mais, aujourd’hui, c’est la politique internationale d’une France blessée, et de l’ensemble du monde occidental, que nous voulons interroger.

    Sur l’islamisme d’abord. Depuis le début de sa montée en puissance, dans les années 1970, les dirigeants occidentaux se sont convaincus qu’il devenait la force politique dominante du monde arabo-musulman. Addiction au pétrole aidant, ils ont renforcé le pacte faustien les liant aux Etats qui en sont la matrice idéologique, qui l’ont propagé, financé, armé. Ils ont, pour ce faire, inventé l’oxymore d’un « islamisme modéré » avec lequel ils pouvaient faire alliance.

    Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime.

    Le soutien apporté ces derniers mois au régime turc de M. Erdogan dont on connaît les accointances avec le djihadisme, et qui n’a pas peu contribué à sa réélection, en est une des preuves les plus récentes. La France, ces dernières années, a resserré à l’extrême ses liens avec le Qatar et l’Arabie saoudite, fermant les yeux sur leur responsabilité dans la mondialisation de l’extrémisme islamiste.

    Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des « valeurs » qu’elle convoque un peu vite en d’autres occasions. Jamais les dirigeants français ne se sont posé la question de savoir ce qui différencie la barbarie de Daesh de celle du royaume saoudien. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime.

    Cécité volontaire

    Les morts du 13 novembre sont aussi les victimes de cette cécité volontaire. Ce constat s’ajoute à la longue liste des soutiens aux autres sanglants dictateurs moyen-orientaux – qualifiés de laïques quand cela convenait – de Saddam Hussein à la dynastie Assad ou à Khadafi – et courtisés jusqu’à ce qu’ils ne servent plus. La lourde facture de ces tragiques inconséquences est aujourd’hui payée par les citoyens innocents du cynisme à la fois naïf et intéressé de leurs gouvernants.

    L’autre matrice du délire rationnel des tueurs djihadistes est la question israélo-palestinienne. Depuis des décennies, les mêmes dirigeants occidentaux, tétanisés par la mémoire du judéocide perpétré il y a soixante-dix ans au cœur de l’Europe, se refusent à faire appliquer les résolutions de l’ONU susceptibles de résoudre le problème et se soumettent aux diktats de l’extrême droite israélienne aujourd’hui au pouvoir, qui a fait de la tragédie juive du XXe siècle un fonds de commerce.

    On ne dira jamais assez à quel point le double standard érigé en principe politique au Moyen-Orient a nourri le ressentiment, instrumentalisé en haine par les entrepreneurs identitaires de tous bords. Alors oui, soyons réalistes, demandons l’impossible. Exigeons que la France mette un terme à ses relations privilégiées avec l’Arabie saoudite et le Qatar, les deux monarchies où l’islam wahhabite est la religion officielle, tant qu’elles n’auront pas coupé tout lien avec leurs épigones djihadistes, tant que leurs lois et leurs pratiques iront à l’encontre d’un minimum décent d’humanité.

    Exigeons aussi de ce qu’on appelle « la communauté internationale » qu’elle fasse immédiatement appliquer les résolutions des Nations unies concernant l’occupation israélienne et qu’elle entérine sans délai la création trop longtemps différée de l’Etat palestinien par le retour d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.

    Ces deux mesures, dont riront les tenants d’une realpolitik dont on ne compte plus les conséquences catastrophiques, n’élimineront pas en un instant la menace djihadiste, aujourd’hui partout enracinée. Mais elles auront l’immense mérite d’en assécher partiellement le terreau. Alors, et alors seulement, les mesures antiterroristes prises aujourd’hui en l’absence de toute vision politique pourraient commencer à devenir efficaces.

    Sophie Bessis et Mohamed Harbi (Historiens) 

    SOURCE : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/17/nous-payons-les-inconsequences-de-la-politique-francaise-au-moyen-orient_4811388_3232.html 



     

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  • Là où tout a commencé mais de cela personne n’en parle !

    A quoi ont servi les 89 militaires français morts

    en Afghanistan ?

    Obsèques du sergent français Damien Buil, mort en Afghanistan

     © MaxPPP

    Dernière Marseillaise entonnée à Kaboul par les soldats français le 31 décembre 2014 car l’opération Pamir prenait fin officiellement elle avait débutée  en 2001 pour lutter contre les talibans et Al-Quaïda. Treize années de présence en Afghanistan qui ont coûté la vie à 89 militaires français, dont le Sergent Damien Buil, tombé lors de l'embuscade d'Uzbin en 2008. Pour son père Jean-François Buil, ce retrait définitif a un goût plus qu'amer.

    "Un très grand échec de l'OTAN"

    "Mon sentiment est un sentiment de catastrophisme aigu, pour moi c'est un très grand échec de l'OTAN. 13 ans de conflit, 89 soldats français morts, 700 blessés. C'est un conflit qui n'a apporté que de la misère. Tous les jours je le revis".
    Un conflit trop long, qui n'aura servi à rien, selon Jean-François Buil. "Ces barbus, ces talibans sont toujours là-bas, ils sont partout dans le monde. C'est comme une mafia. Mon fils, ses camarades, tous ces soldats sont morts pour rien. En 2011, il y avait 140 000 soldats en Afghanistan pour venir à bout de cette rébellion, ils n'y sont pas arrivés et, aujourd'hui, on s'en va. Il ne se passe pas une journée sans qu'il y ait un attentat. C'est l'insécurité totale".

    Le 31 décembre 2014  le dernier soldat français a quitté le sol afghan et passé le relais à une force turque. La presse nationale s'est contentée de relater l'événement, mais rares sont ceux qui ont dressé le bilan de cette opération.
    C'est Jacques Chirac qui a pris la décision d'intervenir en Afghanistan en 2001, aux côtés de l'OTAN et à la demande des Américains, qui voulaient punir ceux qui selon eux soutenaient les terroristes à l'origine des attentats du 11 septembre.
    L'objectif à l'époque, était en apparence noble : chasser les talibans de Kaboul, détruire les camps d'entraînement d'Al Qaïda en Afghanistan et reconstituer une armée afghane. Pour y parvenir, la France a envoyé plus de 70.000 soldats en Afghanistan. Le contingent français a atteint 4.000 militaires au plus fort des opérations, en 2010. Et cette intervention a coûté la vie à 89 soldats français et fait plus de 700 blessés.
    L'un des épisodes les plus dramatiques a été l'embuscade tendue par des insurgés à une unité française le 18 août 2008 dans la vallée d'Uzbin, district de Surobi, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kaboul. Onze militaires français avaient alors été tués et 20 autres blessés.

    Treize ans plus tard, peut-on dire que les objectifs de 2001 ont été remplis? Les talibans n'ont été chassés que du coeur de ville de Kaboul et les résidents étrangers ne peuvent y circuler que dans un périmètre très restreint, ultra-surveillé et malgré tout toujours à la merci d'un attentat kamikaze ou d'une roquette.
    A part ça, l’Afghanistan n’a sans doute jamais été dans une situation aussi préoccupante : les talibans sont plus puissants que jamais, contrôlant de très larges pans du territoire et organisant de véritables vagues d'attentats qui ont déjà fait plusieurs milliers de victimes innocentes.
    La démocratisation mise en avant dans un second temps pour justifier notre présence militaire a définitivement tourné à la farce : la corruption, la criminalité, le trafic de drogue, la violence règnent partout. Et le pays est dirigé par un Hamid Karzaï qui négocie ouvertement son avenir avec les talibans, dont tout le monde sait qu’ils prendront immédiatement le contrôle total du pays à la minute même où les derniers militaires occidentaux auront quitté l’Afghanistan.
    Et c'est le même Hamid Karzaï qui a décidé de baser son nouveau code pénal sur la charia, et notamment de réintroduire la peine de mort par lapidation pour les personnes mariées "coupables" d’avoir eu des relations sexuelles adultères. Une décision confirmée auprès des dirigeants américains et des responsables des Nations Unies par Rohullah Qarizada, membre de la commission sur la loi coranique, celui-ci déclarant : "Nous travaillons sur un projet de code pénal de la charia prévoyant que la lapidation sera la sanction de l’adultère s’il est confirmé par quatre témoins oculaires". Les personnes coupables du même "crime" sans être mariées s’en tireront beaucoup mieux : elles ne recueilleront, elles, qu’une centaine de coups de fouet...
    Quand on dresse le bilan d'une opération, on ne peut passer sous silence son coût financier. Selon la commission de la défense de l’Assemblée nationale, la présence militaire française en Afghanistan a déjà coûté 3,5 milliards d’euros aux contribuables pour la période 2001-2013. Une somme qui n’inclut ni l’usure, ni la destruction des matériels aériens et blindés utilisés sur place, ni les frais médicaux, frais d’obsèques ou pensions d’invalidité, ni le coût du retrait progressif du contingent militaire français estimé entre 200 et 300 millions d’euros...
    Tout ça pour ça, serais-je tenté de dire !
    Ajoutons qu'en 2008, lorsque 11 soldats sont tombés dans une embuscade des talibans, de graves accusations avaient été portées par les familles contre l'incompétence de  l'état-major et le manque de moyens dont disposaient les soldats. C'est ainsi qu'on a découvert que ces derniers étaient sous-équipés, souvent obligés d'acheter eux-mêmes leurs équipements pour remplacer celui fourni par l'armée française, soit inadaptés, soit de très mauvaise qualité.

    Aujourd'hui, on est légitiment en droit de se demander à quoi ont servi ces 89 morts.
    SOURCE : http://www.zinfos974.com/A-quoi-ont-servi-les-89-militaires-francais-morts-en-Afghanistan_a79842.html 

     

    Là où tout a commencé mais de cela personne n’en parle !  A quoi ont servi les 89 militaires français morts  en Afghanistan ?

    Pierre Barbancey, grand reporter, samedi 14 novembre 2015 : « Je suis actuellement en Irak. Ce pays qui a été démembré, ses communautés et ses confessions jetées les unes contre les autres, par une guerre voulue par les Etats-Unis en 2003. C'est sur ce terreau que s'est développé Daech, l'organisation de l'Etat islamique.

    Des terroristes soutenus et aidés par des pays comme le Qatar, la Turquie et l'Arabie saoudite. Trois pays aux liens privilégiés avec la France qui leur vend des armes.

    Il faut pleurer les morts du 13 novembre 2015 à Paris. Mais il faut aussi avoir en tête que les populations du Moyen-Orient vivent ce cauchemar au quotidien depuis des années.

    La France officielle fait des guerres : Libye, Mali, Centrafrique, Irak... Toujours sous des prétextes humanitaires. Ce qui est un leurre. La guerre n'a jamais rien réglé, au contraire. La guerre ne peut pas toujours se regarder à la télévision. Si on accepte qu'elle ait lieu ailleurs, alors il faut s'attendre à ce qu'elle nous revienne dans la gueule un jour. C'est pour cela qu'il faut la paix. Une politique internationale de la France dédiée à la paix, pas une politique de gendarme, vendeuse d'armes et de captation des richesses d'autres pays… »

    Là où tout a commencé mais de cela personne n’en parle !  A quoi ont servi les 89 militaires français morts  en Afghanistan ?

     

    Que rajouter de plus ? Juste s'interroger sur l'opportunité des interventions de plus en plus nombreuses décidées après l’Afghanistan… Puisque maintenant le terrorisme est en France… et maintenant la France n’a plus le choix… elle doit protéger ses enfants… et pleurer les 129 victimes du 13 novembre 2015.

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  • PETITION :

    Création d'un mémorial en l'honneur

     des victimes des attentats du 7 au 9 janvier

    et du 13 novembre 2015

    PETITION :  Création d'un mémorial en l'honneur   des victimes des attentats du 7 au 9 janvier  et du 13 novembre 2015

    Paris est blessée, Paris pleure. Les derniers attentats sont les plus meurtriers que la France n'ait jamais connus depuis la Seconde Guerre mondiale.
    En janvier, nous étions Charlie, mais nous étions surtout tous Français. Les terroristes ont voulu faire taire notre liberté d'expression, l'un des piliers de notre culture, mais la seule chose qu'ils ont réussie, c'est de tous nous unir face à l'adversité et la violence de leurs actes barbares.

    Malheureusement, ils ont frappé à nouveau et cette fois-ci, non pas seulement pour notre liberté d'expression, mais pour notre liberté de vivre, de dîner avec des amis au bord d'une terrasse, d'écouter de la musique dans la joie et la bonne humeur ou de vouloir regarder un match. Durant cette triste soirée, beaucoup de personnes innocentes sont parties, beaucoup trop même.

    Maintenant, que va-t-il se passer ? Allons-nous, après notre deuil national, oublier "à nouveau" ce qu'il vient de se passer ? Pour l'instant, nous arborons de jolies images de solidarité et d’union sur les réseaux sociaux, partageant notre peine avec les familles des victimes... mais, qu'en sera-t-il dans 3 mois, dans 6 mois ou bien dans 1 an ? La France est blessée, la France guérira, mais la France ne doit pas oublier ces actes de barbarie.

    C'est pourquoi je demande à la Mairie de Paris de créer un monument commémoratif en l'honneur des victimes de ces tragédies pour que les familles ainsi que la France entière n’oublient jamais ce qui s’est passé du 7 au 9 janvier ainsi que la violence du 13 novembre 2015.

    Ne les oublions pas :
    Attentat du 7 Janvier (12 victimes) :

    • Jean Cabut, dit Cabu, 76 ans 
    • Stéphane Charbonnier, dit Charb, 47 ans 
    • Philippe Honoré, dit Honoré 
    • Bernard Verlhac, dit Tignous, 57 ans 
    • Georges Wolinski, 80 ans 
    • Elsa Cayat, 54 ans 
    • Bernard Maris, 68 ans 
    • Franck Brinsolaro, 48 ans 
    • Mustapha Ourrad, 60 ans 
    • Michel Renaud, 69 ans 
    • Frédéric Boisseau, 42 ans 
    • Ahmed Merabet, 51 ans

    Attentat du 8 Janvier (1 victime) :

    • Clarissa Jean-Philippe, 25 ans 

    Attentat du 9 Janvier (4 victimes) :

    • Yohan Cohen, 20 ans 
    • Philippe Braham, 45 ans 
    • Francois-Michel Saada, 64 ans 
    • Yoav Hattab, 21 ans

    Attentats du 13 Novembre (129 victimes) (103 identifiés) :
    - Au Bataclan (89 victimes)

    • Stephane Albertini 
    • Nick Alexander, 36 ans
    • Jean-Jacques Amiot, 68 ans
    • Thomas Ayad, 32 ans
    • Guillaume Barreau-Decherf, 43 ans
    • Emmanuel Bonnet, 47 ans
    • Maxime Bouffard, 26 ans
    • Quentin Boulanger, 29 ans
    • Elodie Breuil, 23 ans 
    • Claire Camax, 35 ans 
    • Nicolas Catinat, 37 ans
    • Baptiste Chevreau, 24 ans
    • Nicolas Classeau, 43 ans
    • Anne Cornet, 29 ans
    • Précilia Correia, 35 ans
    • Aurélie De Peretti, 33 ans
    • Mathieu De Rorthais, 32 ans
    • Alban Denuit, 32 ans 
    • Elsa Veronique Deplace San Martin, 34 ans 
    • Vincent Detoc, 38 ans
    • Elif Dogan, 26 ans
    • Fabrice Dubois, 46 ans 
    • Romain Dunet, 25 ans
    • Thomas Duperron,  30 ans
    • Mathias Dymarski, 22 ans 
    • Germain Ferey, 36 ans
    • Grégory Fosse, 28 ans 
    • Christophe Foultier, 39 ans
    • Julien Galisson,  32 ans
    • Suzon Garrigues, 21 ans
    • Mayeul Gaubert, 30 ans
    • Matthieu Giroud, 39 ans
    • Cedric Gomet, 30 ans
    • Juan Alberto Gonzalez Garrido, 29 ans
    • Pierre-Yves Guyomard, 43 ans
    • Olivier Hauducoeur, 44 ans
    • Pierre-Antoine Henry 
    • Mathieu Hoche, 38 ans 
    • Pierre Innocenti, 40 ans 
    • Nathalie Jardin, 31 ans 
    • Marion Jouanneau, 24 ans
    • Milko Jozic, 47 ans
    • Marie Lausch, 23 ans 
    • Renaud Le Guen, 29 ans
    • Gilles Leclerc, 32 ans
    • Christophe Lellouche, 33 ans
    • Antoine Mary, 34 ans
    • Cédric Mauduit, 41 ans
    • Fanny Minot, 23 ans
    • Yannick Minvielle, 39 ans 
    • Cécile Misse, 32 ans
    • Marie Mosser, 24 ans 
    • Quentin Mourier, 29 ans
    • Christophe Mutez, 40 ans
    • Hélène Muyal, 35 ans 
    • Bertrant Navarret, 37 ans
    • David Perchirin, 45 ans 
    • Manu Perez, 40 ans 
    • Franck Pitiot, 32 ans
    • Caroline Prenat, 24 ans
    • François-Xavier Prévost, 29 ans 
    • Armelle Pumir Anticevic, 46 ans
    • Richard Rammant, 53 ans
    • Valentin Ribet, 26 ans
    • Estelle Rouat, 25 ans 
    • Thibault Rousse Lacordaire, 37 ans
    • Madelaine Sadin, 30 ans
    • Lola Salines, 28 ans 
    • Patricia San Martin, 61 ans 
    • Hugo Sarrade, 23 ans
    • Maud Serrault, 37 ans
    • Sven Alejandro Silva Perugini,
    • Valeria Solesin, 28 ans 
    • Fabien Stech, 51 ans 
    • Ariane Theiller, 24 ans
    • Eric Thomé, 39 ans
    • Olivier Vernadal, 44 ans
    • Luis Felipe Zschoche Valle, 33 ans
    • Et les 21 autres victimes non connues 

    - Bar le Carillon et Café le Petit Cambodge (15 victimes) 

    • Chloé Boissinot, 25 ans
    • Asta Diakité
    • Nohemi Gonzalez, 23 ans
    • Raphaël Hilz, 28 ans 
    • Mohamed Amine Ibnolmobarak, 29 ans 
    • Charlotte Meaud, 27 ans 
    • Emilie Meaud, 27 ans 
    • Justine Moulin, 23 ans 
    • Anna Pétard-Lieffrig, 24 ans 
    • Marion Pétard-Lieffrig, 30 ans 
    • Sébastien Proisy, 38 ans 
    • Kheireddine Sahbi, 29 ans 
    • Stella Verry, 36 ans 
    • Et les 2 autres victimes non connues 

    - Casa Nostra et le Bar la Bonne Bière (5 victimes) 

    • Lucie Dietrich, 37 ans
    • Et les 4 autres victimes non connues 

    - Rue de Charonne, La Belle équipe (19 victimes) 

    • Haalima Ben Khalifa Saâdi, 37 ans 
    • Hodda Ben Khalifa Saâdi, 35 ans
    • Ludovic Boumbas, 40 ans
    • Ciprian Calciu, 32 ans
    • Romain Didier, 32 ans 
    • Romain Feuillade, 31 ans
    • Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans 
    • Michelli Gil Jaimez, 27 ans
    • Thierry Hardouin, 36 ans 
    • Djamila Houd, 41 ans
    • Hyacinthe Koma, 37 ans 
    • Guillaume Le Dramp, 33 ans 
    • Lamia Mondeguer, 30 ans 
    • Victor Muñoz, 25 ans 
    • Lăcrămioara Pop, 29 ans
    • Et les 4 autres victimes non connues 

    - Porte D du Stade de France, Avenue Jules Rimet (1 Victime) 

    • Manuel Colaco Dias, 63 ans

    Le terrorisme n'a pas de religion, alors qu'importe notre religion, notre couleur ou notre origine, rendons leur tous hommage en tant que Français solidaires. Vive la France !

     

    Pétition adressée à :

    Maire de Paris Anne Hidalgo

    Premier adjoint chargé de la culture et du patrimoine Bruno Julliard

     

    Bonjour,

    Je vous écris afin de vous solliciter pour la construction d'un mémorial à Paris. En effet, les attentats du 13 Novembre sont les plus meurtriers que la France n'ait jamais connus depuis la Seconde Guerre mondiale. De trop nombreux innocents sont victimes des actes de barbares.
    Cette fois-ci, non pas seulement pour notre liberté d'expression, mais pour notre liberté de vivre, de dîner avec des amis au bord d'une terrasse, d'écouter de la musique dans la joie et la bonne humeur ou de vouloir regarder un match. Durant cette triste soirée, beaucoup de personnes innocentes sont parties, beaucoup trop même.
    Pour l'instant, nous arborons de jolies images de solidarité et d’union sur les réseaux sociaux, partageant notre peine avec les familles des victimes... mais, qu'en sera-t-il dans 3 mois, dans 6 mois ou bien dans 1 an ? La France est blessée, la France guérira, mais la France ne doit pas oublier ces actes de barbarie.
    C'est pourquoi je vous demande de créer un monument commémoratif en l'honneur des victimes de ces tragédies pour que les familles ainsi que la France entière n’oublient jamais ce qui s’est passé du 7 au 9 janvier ainsi que la violence du 13 novembre 2015.

    Jimmy Furet organisateur de cette pétition

    Pour la signer merci de cliquer sur ce lien :

    https://www.change.org/p/pour-un-m%C3%A9morial-%C3%A0-paris-en-l-honneur-des-victimes-des-attentats-memorialparis-prayforparis?utm_source=action_alert&utm_medium=email&utm_campaign=445390&alert_id=THdfFtkJMZ_8NH8GQPuxhrGdBUoRqESPom4KDC4aX8fe0PfDFl2hug%3D 

    PETITION :  Création d'un mémorial en l'honneur   des victimes des attentats du 7 au 9 janvier  et du 13 novembre 2015

    Et puis je vous demande de lire cet article de France Info et de cliquer sur le lien à la fin pour voir un mémorial virtuel

    Un visage et un nom pour les victimes

     des attentats de Paris

    Trois jours après les attaques qui ont provoqué la mort de 129 personnes dans Paris et aux abords du Stade de France, francetv info a voulu mettre des visages et des noms sur chacune d'entre elles.

    Ce sont les attentats les plus meurtriers jamais commis sur le territoire français : 129 personnes ont perdu la vie dans les attaques de vendredi 13 novembre. Quatre-vingt-neuf d'entre elles dans la salle du Bataclan, 19 à la terrasse du restaurant La Belle Equipe rue de Charonne, 15 au croisement de la rue Bichat et de la rue Alibert, aux terrasses du restaurant Le Petit Cambodge et du bar Le Carillon, et 5 au Café Bonne Bière, rue de la Fontaine-au-Roi. Une autre personne a succombé à l'explosion d'un kamikaze devant le Stade de France. 

    Francetv info a voulu mettre des visages et des noms sur ces morts. Pour cela, nous avons rassemblé des informations à partir de sources multiples (communiqués officiels, presse nationale, presse régionale, familles, etc.) et choisi de les présenter sous la forme d'un mémorial virtuel. Malgré nos recherches, nous n'avons pas réussi à collecter les informations sur toutes les victimes. Nous continuerons de mettre à jour ce mémorial.

    Le lien pour voir le Mémorial virtuel :

    http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/un-visage-et-un-nom-pour-les-victimes-des-attentats-de-paris_1178443.html 

     

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  • Sommes-nous en guerre ?

    Gare à ne pas mélanger les registres

    Contre le FLN algérien, la France refusait d’employer le mot “guerre”. Aujourd’hui, la classe politique se précipite. Gare à ne pas mélanger les registres: l’action militaire extérieure, les opérations de police et la lutte contre les discriminations. Par Antoine Garapon, juriste.

    Sommes-nous en guerre ?  Gare à ne pas mélanger les registres

    Après l'assaut de la police au Bataclan à Paris, dans la nuit du 13 novembre. (Revelli-Beaumont/SIPA)

     

    Comme Fabrice Del Dongo, qui perçoit l’événement historique à travers le brouillard de la guerre, les chevaux en furie et l’odeur du sang mais sans le comprendre, nous avons ressenti la guerre sans savoir de quelle bataille il s’agissait.

    Comment qualifier les images que nous avons vues autrement que comme «scènes de guerre»? La transformation des rues de Paris, que nous aimons tant, en champ de bataille, les cris de douleur, le crépitement des mitraillettes, la disparition subite de l’insouciance : tout cela nous a propulsé dans le temps de la guerre.

    Scènes de guerre ? Assurément ; entrée en guerre ? Cela me semble plus discutable. Et il n’y a là, dans mon esprit, aucune sous-estimation de la gravité de la situation, ni minimisation de la souffrance des victimes. Tout au contraire, car ce qui se profile est peut-être, par certains côtés, pire que la guerre.

    Dans son remarquable livre intitulé «la Revanche des passions. Métamorphoses de la violence et crise du politique», Pierre Hassner conclut avec Raymond Aron que la troisième guerre mondiale reste aussi improbable que la vraie paix est impossible. Mais, ajoute-t-il, «la période actuelle est, en un sens, plus dangereuse que la guerre froide d’antan car celle-ci connaissait des frontières et des règles bien établies, alors que les différentes crises intérieures et globales accroissent la part d’imprévisibilité.»

    Le risque de cette rhétorique guerrière

    Pour une large majorité aujourd’hui, l’affaire semble entendue : «nous sommes en guerre.» Si cette affirmation soulage nos cœurs meurtris, au moins momentanément, elle ne résout rien ; pire, elle peut nous enfermer dans une rhétorique trompeuse. Ne soyons pas en retard d’une guerre.

    Ce qui est certain, c’est que cette guerre ne résulte pas, comme la guerre classique, d’une comparaison des forces entre puissances homogènes par la confrontation organisée selon des règles partagées. L’homogénéité des parties belligérantes est une des conditions de la réciprocité. Le terrorisme se distingue de ce modèle par une relation asymétrique. La force du terroriste, c’est de se moquer de cette réciprocité, c’est d’esquiver, de refuser le combat pour imposer sa propre règle du jeu.

    Un détail des attaques de vendredi dernier est très révélateur à cet égard: les policiers ont vite compris que les preneurs d’otage du Bataclan ne voulaient pas négocier mais tuer le plus possible. Dans le cadre d’une guerre, cela ne s’apparente pas à un acte de guerre mais bien plutôt à un crime de guerre. Le droit donne une qualification à de tels actes: ce sont des massacres de civils. On pourrait parler de guerre si les djihadistes s’étaient directement affrontés armes au poing aux forces de l’ordre.

    Le risque de cette rhétorique guerrière est de nous faire ressembler à notre adversaire et de lui reconnaître implicitement la dignité de combattant. La qualification de guerre pour désigner ces événements pourrait alors se refermer sur nous comme un piège car lorsque l’on ne fait la guerre que d’un seul côté, on finit toujours par perdre.

    De surcroît, il ne faut engager que des guerres que l’on peut gagner, et celle-ci est ingagnable car l’asymétrie place d’emblée l’État dans la position du perdant : soit il surréagit et il y perd son âme (c’est le «Patriot Act» américain), soit il ne se montre pas à la hauteur, il «sous-réagit» et il ne tardera pas à perdre le pouvoir, ne satisfaisant pas à son obligation principale, qui est la condition de toutes les autres: la sécurité.

    Ne pas employer les mêmes méthodes que l’adversaire

    Nous sommes en guerre, mais où est l’ennemi ? Exaspéré de ne pas le trouver, nous courons le risque d’en désigner arbitrairement et d’en voir où il n’y en a pas. Qui dit guerre, dit objectifs de guerre. Pourquoi se battre? Si l’on se bat pour notre sécurité, la bataille est d’emblée perdue car elle est un bien inatteignable dans sa forme absolue, et elle ne vaut rien si elle n’est pas totale.

    Dans la guerre classique, c’est un territoire qu’il faut défendre. Dans ces nouvelles violences, ce sont des valeurs, un mode de vie que nous avons conquis de haute lutte : ce sont les Lumières. Mais précisément ces Lumières, promises au monde entier, exigent de ne pas employer les mêmes méthodes que l’adversaire.

    L’enjeu essentiel est de ne pas perdre l’avantage de l’innocence en adoptant des mesures qui déshonoreraient les valeurs pour lesquelles nous nous battons. Le terrorisme nous met dans un nœud coulant où toute progression vers la victoire est une défaite ; où toute avancée est un point accordé à l’ennemi qui rêve de révéler au monde entier, et à nous-mêmes, notre propre nature.

    Ce n’est pas un hasard si les attaques se sont portées sur des salles de spectacle, un stade et des bars, c’est-à-dire sur des lieux de représentation, de jeu, de culture. Ce qu’il faut défendre, c’est notre mode de vie ouvert, tolérant; c’est la liberté, l’égalité, la fraternité, le respect du tous.

    Cette « guerre » – je n’aime décidément pas ce mot – doit être menée en faisant coexister plusieurs logiques qui peuvent apparaître contradictoires. Personne n’a mieux résumé la stratégie souhaitable que le regretté Yitzhak Rabin: «Je négocie d’un point de vue politique, comme s’il n’y avait pas de terrorisme, et je combats le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociation politique.»

    La victoire devra combiner une action sur plusieurs fronts : le plan militaire tout d’abord en portant le plus de coups fatals à Daech tout en minimisant nos pertes ; le front diplomatique ensuite en créant des coalitions, voire en négociant ; le registre proprement sécuritaire et policier, notamment en renforçant le renseignement, arme essentielle qui a le défaut de n’être pas visible ; le terrain judiciaire par la plus grande sévérité mais sans jamais rompre avec les règles de l’État de droit, ni avec celles de notre justice.

    "La guerre est un caméléon"

    Parmi ces règles, figure la réinsertion, et les terroristes y ont droit comme les autres détenus. Il faut nous montrer capables de travailler avec les jeunes radicalisés en leur proposant de véritables programmes qui les réconcilient avec leur société. Il faut savoir enfin lutter contre les causes profondes de discriminations et contre les injustices qui sont le ferment de la haine. On n’échappera à la dialectique infernale qu’en diversifiant et en cloisonnant nos réactions, tout en les coordonnant. C’est le salaire de la déterritorialisation : il n’y a plus de front, ni de concentration des forces sur un point topographique, ce qui nous oblige à dissocier nos réponses.

    La loi sur l’état d’urgence dont il est fait usage aujourd’hui, a été votée au début de la révolte algérienne, lorsque le gouvernement était dérouté par les violences qui se déroulaient aussi bien dans le djebel que dans les villes, autant en métropole que dans les départements d’Algérie. La guerre d’Algérie (que la classe politique répugnait à nommer ainsi, ce qui contraste avec sa précipitation à employer ce mot aujourd’hui) a été, on le sait, un laboratoire de la guerre asymétrique.

    Le défi qui nous est lancé aujourd’hui rappelle un autre aspect de cette guerre : la politique de pacification qui côtoyait la logique de la lutte armée. Les gouvernements de l’époque avaient compris que cette guerre était ingagnable si l’on ne gagnait pas aussi les cœurs – ce qu’ils n’ont jamais su faire.

    « La guerre, disait Raymond Aron, est un caméléon », et finalement peu importe le nom, la véritable urgence aujourd’hui est de répondre intelligemment à cette nouvelle forme de guerre, de bien en prendre la mesure, faute de quoi nous risquons de la perdre dans son sens classique comme dans son sens très contemporain.

    Après avoir été avec l’Algérie le laboratoire de la guerre asymétrique, guerre qu’elle a perdue, la France peut devenir le laboratoire de la victoire des démocraties confrontées à ce nouveau défi, en inventant la manière dont on peut aujourd’hui gagner ce nouveau type de «guerre» d’un XXIe siècle globalisé. Ne ratons pas le rendez-vous.

    Par Antoine Garapon, juriste 

     

    Antoine Garapon, bio express

    Antoine Garapon est juriste, secrétaire général de l’Institut des Hautes Etudes sur la Justice. Il a notamment écrit : «les Démocraties face au terrorisme» (2005) et «Peut-on réparer l'histoire  Colonisation, esclavage, Shoah » (2005). Membre du comité de rédaction d’«Esprit», il anime l’émission «Esprit de justice» sur France-Culture. 

    SOURCE : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151117.OBS9657/sommes-nous-en-guerre-gare-a-ne-pas-melanger-les-registres.html

     

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  • Les 9 victimes du Métro Charonne le 8 février 1962

     et les 19 victimes de la rue de Charonne

    le 13 novembre 2015

    Article mis à jour le 19/11/2015

     Les 9 victimes du Métro Charonne le 8 février 1962   et les 19 victimes de la rue de Charonn

    Non pas une mais 30 minutes de silence ont été respectées

     par près de 150 personnes

     devant le restaurant La Belle Equipe, rue de Charonne

     où 19 personnes ont été tuées

     

     Les 9 victimes du Métro Charonne le 8 février 1962   et les 19 victimes de la rue de Charonn

    Le 17 novembre 2015 j’ai été intrigué en voyant que 93 internautes ont consulté cette page de l'un de mes blogs, alors aujourd’hui nous pouvons écrire : Les 9 victimes du Métro Charonne le 8 février 1962 et les 19 victimes de la rue de Charonne le 13 novembre 2015.

    Voici le lien de cette page :

    /article-se-souvenir-de-charonne-mardi-8-fevrier-2011-66246013.html 

    *93 visiteurs

     

    Et voici cette page :

     

    Se souvenir de Charonne

     

    Dès 1960, et principalement après le 21 avril 1961, date du putsch du quarteron de généraux qui a échoué, pour une bonne partie grâce à l’action républicaine de la troupe et tout particulièrement des jeunes du contingent, l’OAS a multiplié les attentats terroristes tant en Algérie qu’en métropole.

    C’est ainsi qu’à Paris les attentats se multiplient. Fin 1961 et début de 1962 les négociations se déroulent à Evian. Pour tenter de faire échouer cette démarche, c’est une formidable offensive terroriste qui se développe visant particulièrement les intellectuels considérés comme de gauche et donc favorable à l’indépendance qu’ils ne peuvent accepter. Le maire d’Evian sera parmi les victimes, assassiné le 31 mars 1961, pour sa "complicité" dans la phase de négociations qui aboutiront un an plus tard. Début 1962, Les attentats OAS visent les domiciles de l’écrivain Vladimir Pozner, du dirigeant politique du PCF Raymond Guyot, de deux professeurs d’universités, de deux officiers supérieurs en retraite, devant la porte de la prison de la Roquette à Paris (là où étaient enfermées les militantes du FLN, ou celles du réseau Janson). Cette Prison, qui était située à deux pas du Cimetière du Père Lachaise, a aujourd’hui disparu.

    Le 7 février 1962 c’est le domicile d’André Malraux qui est visé. Les poseurs de bombe se trompent de pallier et c’est une petite fille de 4 ans Delphine Renard qui en sera la victime innocente : elle en ressortira vivante, mais aveugle et défigurée à vie. L’émotion est énorme, l’indignation à son comble. Les antifascistes, les pacifistes, de plus en plus nombreux excédés par ce terrorisme visant des personnalités civiles, lassés de cette guerre qui ne dit pas son nom et qui s’éternise décident de réagir. Dès le lendemain, une manifestation est organisée, à l’initiative de la CGT et du Parti communiste, mais aussi du PSU, de la CFTC (la CFDT, issue de ce syndicat, n’existait pas encore), du PSU, de la FEN… Même si les moyens de communication étaient bien plus rudimentaires qu’aujourd’hui, des dizaines de milliers de manifestants bravent l’interdiction de manifester. A cette époque TOUTES les manifestations annoncées pour la paix en Algérie étaient interdites. La police de Paris aux ordres du sinistre Papon, (celui qui s’était "distingué" sous le régime de Vichy pour favoriser la déportation de juifs français, ou encore par les répressions féroces en Algérie, puis le 17 octobre 1961 à Paris face à la manifestation pacifique des Algériens protestant contre le couvre-feu raciste qu’il avait instauré) se déchaîna. Les CRS, sur ordre de la hiérarchie, chargèrent avec une sauvagerie inouïe et en particulier dans la bouche de métro de la station Charonne. Huit morts sur le champ, un qui décédera dans les jours suivants et parmi ces victimes : trois femmes et un gamin de 15 ans le jeune Daniel Ferry tous étaient des militants de la CGT et huit membres du PCF.

    Des obsèques grandioses

    L’opinion est bouleversée. Quelques jours plus tard, le 13 février, un million de Parisiens accompagneront les dépouilles de ces victimes au cimetière du Père Lachaise. Partout, dans les entreprises, les bureaux, les administrations,… tant en Région Parisienne qu’en Province des arrêts de travail, de recueillement seront organisés en hommage à ces victimes. D’une certaine façon, ce sera un tournant décisif dans cette guerre d’Algérie, un accélérateur à la conclusion de l’accord de paix le 19 mars suivant.

    Depuis cette date, seulement quelques militants, plus nombreux ces dernières années commémoraient cet évènement. Ce crime d’Etat n’a jamais encore été reconnu officiellement et donc toujours pas condamné. Comme pour les massacres du 17 octobre le sinistre Maurice Papon n’a jamais été inquiété, malgré ses responsabilités. Une plaque, à l’intérieur de la station rappelait cet évènement. Alors que des stèles sont érigées sur le domaine public en "hommage" à ces "héros" de l’OAS, rien ne venait rappeler ce sinistre évènement.

    Il a fallu attendre 2007, pour que le carrefour du Boulevard Voltaire, où se trouve la station de métro "Charonne" devienne Place du 8 Février 1962 et soit inaugurée par le Maire de Paris Bertrand Delanoé.

    Henri POUILLOT

     1655031253.jpg

    Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur,

     Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire,

     Daniel Féry, 15 ans, apprenti,

     Anne Godeau, 24 ans, employée des PTT,

     Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier,

     Suzanne Martorell, 36 ans, employée,

     Hippolyte Pina, 58 ans, maçon,

     Raymond Wintgens, 44 ans, typographe

    et Maurice Pochard (décédé à l'hôpital), 48 ans

    1543210835.jpg

    Aux P.T.T.

    le personnel connaissait le portrait d'Anne-Claude GODEAU

    Anne-Claude Godeau avait 24 ans. Originaire de Nantes, elle était venue chercher du travail à Paris, comme tant d'autres provinciales. Elle fut bientôt mêlée au grand mouvement des travailleurs parisiens. Au soir du 8 février 1962, avec d'autres camarades des CCP, elle était allée crier sa colère contre les crimes de l'OAS, cette organisation criminelle fasciste qui entendait désespérément maintenir la domination coloniale sur l'Algérie.

    La population française est largement choquée par ce déchaînement de répression : entre 500000 et un million de Parisiens assistèrent aux funérailles des victimes.

    La veille, dix attentats sont commis à Paris, attribués à l’OAS.  Dix charges de plastic explosent au domicile d'universitaires, de journalistes et du ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles André MALRAUX.  Sept blessés. Parmi ces blessés une petite fille. 

    1644549736.jpg

    Elle s’appelle Delphine Renard, elle a quatre ans et demi. En attendant de retourner à l’école, elle jouait dans sa chambre après le déjeuner quand une charge de plastic destinée à André Malraux, qui habite le même immeuble, explose devant ses fenêtres. Delphine ne saura naturellement pas ce qui lui est arrivé. Quand son père la ramasse. Le visage en sang, les yeux criblés d’éclats, elle lui dit : Papa, j’ai des grains de sable dans les yeux. Ces grains de sable-là vont bouleverser la France.

     

    CONTRE L'OUBLI

       

    UN 8 FEVRIER 1962... CHARONNE !

    Leny Escudero a écrit et chanté "Je t'attends à Charonne"

    Que nous dédions aussi aux victimes de la rue de Charonne du 13 novembre 2015

     

     

    Ci-dessous TFI nous apprend les décès des 19 victimes de la rue de Charonne

     

    Les 9 victimes du Métro Charonne le 8 février 1962   et les 19 victimes de la rue de Charonn

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