•  

    NON

     

    A LA REHABILITATION

    DE L’OAS 

    Anecdotique ? Révélateur d'une tendance de fond à la réhabilitation de l’OAS ?

    Le propos assumé du bâtonnier de Paris, rendant publiquement hommage non seulement aux avocats du FLN mais aussi à ceux de l’OAS, pose question (cf. article du quotidien El Watan reproduit ci-après).

    Pas un mot pour les victimes des crimes et attentats commis au nom ou pour le compte de l’OAS et visant en particulier la profession des avocats (ex : Me Popie en 1961, puis son successeur, Me Pierre Garrigues, en 1962) ou la magistrature (ex : Charles Causse, vice-président du tribunal de grande instance d’Alger, assassiné le 6 janvier 1962).

    Silence également sur le fait que les avocats de l’OAS (tels Me Jacques Isorni, Me Jean-Louis Tixier-Vignancour et Me Jean-Marc Varaut pour ne citer qu’eux) sont décédés, en ce qui les concerne, de mort naturelle à l’âge de quatre-vingts ans en moyenne.

    Et que dire de l’affichage, dans l’enceinte d’une représentation diplomatique française en Algérie, d’une proximité personnelle avec l’un au moins des anciens avocats de l’OAS ?

    Que soient ici remerciés les avocats qui, à Marseille et à Paris, se sont, depuis 2005, investis avec succès et gracieusement dans la défense des victimes du terrorisme de l’OAS devant les cours et tribunaux administratifs et judiciaires !

     

    Jean-François Gavoury

    Président de l’Association nationale

    pour la protection de la mémoire

    des victimes de l’OAS

     L’hommage du bâtonnier de Paris aux avocats du FLN et de… l’OAS

     «J’ai salué le courage exceptionnel des uns et des autres»

    Le bâtonnier de Paris, Me Pierre-Olivier Sur, a réitéré hier l’hommage qu’il a rendu aux avocats du FLN, mais aussi à ceux qui ont défendu l’OAS à la veille de l’indépendance. Il affirme qu’il a salué le courage exceptionnel des uns et des autres.
    Le bâtonnier d’Alger, Me Abdelmadjid Sellini, a appelé les cabinets de conseil juridique étrangers installés en Algérie à se conformer à la loi et plaidé pour qu’ils s’ouvrent à des partenariats pour un transfert de technicité en matière de droit des affaires. Le bâtonnier de Paris, Me Pierre-Olivier Sur, a confirmé hier l’hommage rendu la veille aux avocats des membres de la sinistre Organisation de l’armée secrète (OAS), auteurs de nombreux assassinats d’Algériens après le cessez-le feu du 19 Mars 1962. Un hommage qui avait enflammé, hier, les discussions entre avocats algériens à l’hôtel El Aurassi, où s’achevaient les travaux du Campus international d’Alger qui ont réuni les avocats algériens et leurs confrères français.

    «C’était à l’ambassade de France que j’ai rendu cet hommage et je l’assume. J’ai parlé de l’histoire du barreau. J’ai connu des avocats très courageux qui ont défendu les aristocrates et qui étaient, dans le contexte de l’époque, très courageux. Cela ne veut pas dire que je défends l’aristocratie. J’ai dit que je m’inclinais devant leur mémoire parce qu’ils ont été d’un courage exceptionnel. Je m’incline aussi devant la mémoire et le courage des avocats du FLN. Des centaines d’avocats qui ont soutenu la Révolution algérienne ont été assassinés, exilés ou radiés du barreau.

    Le défunt Jacques Vergès avait démissionné du barreau parisien pour venir en Algérie plaider la cause des militants du FLN et tout le monde connaît son histoire avec sa cliente, devenue sa femme et la mère de ses deux enfants. Et j’ai dit aussi que je m’incline devant la mémoire et le courage des avocats qui ont défendu l’OAS devant les tribunaux militaires face à De Gaulle. Moi-même, j’ai assisté avec Me Vergès à l’enterrement de l’un d’entre eux. J’ai salué la défense à travers des robes boires qui ont été d’un courage exceptionnel», explique Me Sur.

    Néanmoins, il se déclare «désolé» si, par ses propos, il a «chagriné» certains. «Je pensais qu’après plus de 50 ans d’indépendance, nous pouvions avoir un autre regard l’un sur l’autre», regrette le bâtonnier en espérant «que l’opinion retienne plutôt cette prouesse que le Campus a réussi en faisant venir, à Alger, 170 avocats français pour croiser les expériences et partager les valeurs communes». Pour l’avocat, «tout comme le barreau de Paris est la porte de l’Algérie, le barreau d’Alger peut être celle de l’Afrique, pour accompagner le développement et la croissance». Et d’insister sur la formation, la déontologie et la sécurisation des flux financiers entre les deux institutions.

    Pour sa part, le bâtonnier d’Alger, Me Abdelmadjid Sellini, revient sur les relations entre ces institutions qui datent depuis 1962, mais qui ne sont effectives que depuis deux ans en raison du besoin de partenariat et de transfert de technicité imposé par la mondialisation. «Une approche, dit-il, qui encourage le libre exercice de la profession des deux côtés et le renforcement de la formation, surtout que le budget dégagé par l’Union européenne pour la formation exige un partenaire de la région pour être mis à exécution.

    Les deux journées du Campus nous ont permis de faire connaître, chacun de son côté, l’arsenal juridique des deux pays et d’évoquer les problèmes liés à l’exécution des décisions de justice, aux droits des affaires, etc.», déclare Me Sellini, avant d’être interrompu par son homologue parisien qui annonce : «Nous avons décidé de mettre à la disposition de nos confrères algériens une banque de données numérique qui rassemble tout le savoir juridique du monde.»

    Pour ce qui est du libre exercice de la profession, le bâtonnier de Paris déclare : «Si c’est pour plaider une affaire en Algérie, les avocats français doivent avoir l’autorisation du bâtonnier qui est, en fait, une sorte d’allégeance. C’est une mise sous la protection des ce dernier et une couverture en cas de problème lié à la profession. Il doit élire une adresse aussi et cela se fait même en France ; moi-même j’ai sermonné des avocats étrangers qui ne s’y conformaient pas.»

    Me Sellini revient à la charge et rappelle qu’en France, si un avocat algérien veut s’installer, il est soumis à un examen pour évaluer ses connaissances aussi bien de la langue que du droit. «En Algérie, de nombreux avocats français ont ouvert des cabinets de conseil juridique avec un registre du commerce et continuent d’exercer, alors que cette activité ne fait plus partie du code de commerce.

    Le nouveau statut de la profession prévoit une convention de collaboration avec des avocats algériens pour tout avocat étranger qui s’installe en Algérie. J’ai demandé à ce qu’ils se conforment aux nouvelles dispositions ; certains l’ont fait, d’autres sont sur le point de le faire. C’est vrai que dans le monde des affaires, les avocats français ont une longueur d’avance sur nous. Avec le partenariat, nous pourrons profiter de leur savoir-faire. Nous pouvons prendre ce qui peut être adapté à nos spécificités algériennes.»

    Interrogé sur les problèmes que rencontrent les avocats étrangers en Algérie, notamment l’obligation d’utiliser la langue arabe, Me Sellini explique que les magistrats ont le plein pouvoir d’accepter ou non une plaidoirie en langue étrangère et les tribunaux ne peuvent interdire l’exercice de la profession si l’avocat étranger est sous la protection du bâtonnier.

    Déclaration que partage Me Pierre-Olivier Sur : «Nous militons pour que les avocats puissent plaider partout dans l’espace francophone où s’exerce le droit romano-germanique. Nous avions pris la décision d’ouvrir nos portes aux Anglo-Saxons. Aujourd’hui, il y a plus de cabinets américains qu’en Grande-Bretagne et plus de cabinets britanniques qu’aux Etats-Unis. Moi-même, j’ai plaidé contre mon ordre professionnel pour les avocats algériens dans les années 1990 et aujourd’hui, ils peuvent le faire sans problème.

    Paris est devenue la première place de l’arbitrage international. Plus de 7000 avocats travaillent dans les cabinets anglo-saxons. Je comprends qu’il y ait des sensibilités et des réticences. Mais cela doit être vu sous un autre angle. Parlons de socle continental et non de mondialisation et faisons en sorte de défendre et de partager les valeurs qui nous réunissent. Refaisons la route de Marco Polo, mais à l’envers. New York, Paris, Alger, l’Afrique et la Chine. Il faut être très fier de ce parcours.»

    Salima Tlemçani

    SOURCE : http://www.elwatan.com/actualite/j-ai-salue-le-courage-exceptionnel-des-uns-et-des-autres-10-11-2015-307302_109.php 

     

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  • Grande guerre : la participation d’Algériens a signé le "début du commencement" de la libération de leur pays

    Grande guerre : la participation d’Algériens a signé le "début du commencement" de la libération de leur pays

     

    CONSTANTINE - La participation d’Algériens dans les rangs de l’armée française durant la 1ère Guerre mondiale a signé le "début du commencement de la libération de l’Algérie", a estimé mardi soir à  "La participation des Algériens à la Grande guerre a puissamment révélé l’Algérie à elle-même, l’a hissée dans l’âge de la maturité et des décisions politiques", a soutenu l’historien au cours d’une conférence intitulée "Les Algériens dans l’armée française de 1914 à 1918", organisée à l’Institut français de Constantine (IFC).

    En présence des ambassadeurs de France et d’Allemagne, Bernard  Emié et Gotz Lingenthal, le conférencier a également souligné, à propos de leur "arrivée en masse dans l’Hexagone pour travailler dans des usines", que les Algériens s’étaient initiés à la vie ouvrière, au monde de l’usine et à la grève (à) et leur efficacité industrielle et militaire était saluée et reconnue".

    Affirmant que le fait de s’être éloignés de leur pays n’a fait que "renforcer leur algérianité", M. Meynier a évoqué le cas du brigadier Mohamed Mokdoud traduit en 1917 en justice pour avoir acheminé une arme en Algérie et donné consigne à sa mère de bien la préserver.

    Un fait, a-t-il commenté, "significatif" qui renseignait sur le "nouvel esprit indigène". Il a précisé que ce "syndrome des tirailleurs libéraux" et cet esprit "d’ouvrier français" que les Algériens ont adopté ont été dénoncés par l’administration française en Algérie qui considérait cette évolution "peu compatible avec le maintien de l’ordre".

    A propos de "la grande promesse" faite par la France aux Algériens, celle de pouvoir jouir après la Grande guerre de leur "droit de citoyenneté", l’historien a affirmé que cette promesse "n’a jamais été sérieusement envisagée", soulignant la frustration algérienne au lendemain d’une guerre où la France est sortie vainqueur grâce notamment "aux tirailleurs Algériens".

    Tout en se demandant si la France "n’a pas manqué une occasion de ‘reconquérir’ l’Algérie au lendemain de la première Guerre mondiale", M. Meynier a soutenu que si la France avait respecté son engagement vis-à-vis des Algériens, "l’histoire aurait pu avoir une autre tournure".

    Pour cet historien, "s’il y avait eu une démarche pour le droit de citoyenneté des Algériens, même si l’Algérie aurait fini par obtenir son indépendance, une guerre (la guerre de libération nationale, ndlr) aussi lourde et aussi sanglante aurait pu être évitée".

    Entre août 1914 et l’année 1918, quelque 176.000 Algériens ont été conscrits dans les rangs de l’armée française. 25.711 d’entre eux, soit 15 % , sont morts au combat, selon des chiffres présentés par Gilbert Meynier. De plus, 8 779 soldats Algériens (12,2 % parmi les blessés) ont été déclarés.

    Au cours de cette rencontre, l’ambassadeur de France à Alger, accompagné du wali de Constantine, Hocine Ouadah et de l’ambassadeur d’Allemagne à Alger ont inauguré à l’IFC, une exposition intitulée "Eclats de vies".

    L’exposition, l’oeuvre d’élèves du lycée international Alexandre Dumas d’Alger, "raconte", à travers des photographies, ces milliers d’Algériens conscrits sous l’uniforme de l’armée française durant la Grande guerre et zoome sur la vie des travailleurs algériens partis faire tourner les usines Françaises.

    L’ambassadeur de France a annoncé, à cette occasion, que Constantine était invitée à représenter l’Algérie au Salon international du livre prévu en France en 2016.

    SOURCE : http://www.aps.dz/algerie/31349-grande-guerre-la-participation-d%E2%80%99alg%C3%A9riens-a-sign%C3%A9-le-d%C3%A9but-du-commencement-de-la-lib%C3%A9ration-de-leur-pays

     

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    Les intervenants responsables d'associations : 

    1-Daniel Brémond, de la Libre Pensée de Dole.

    2-Danièle Ponsot, ANACR Jura-Nord.

    3-Michèle Vincent, Présidente Départementale de la Libre Pensée.

    Avec la présence d’Elus et responsables syndicaux : des maires,  Brigitte Monnet,

    Conseillère Régionale.

     

     

    11 Novembre 2015. Réhabilitation des Fusillés pour l’exemple.

    Dole « les Arquebusiers »

    Allocution de Danièle PONSOT, Présidente de l’ANACR Jura Nord.

    Ils sont partis, laissant derrière eux leur famille, leur logis, leur métier. Ceux qui ont eu de la chance sont revenus 4 ans plus tard. Même s’ils n’étaient pas des « Gueules Cassées », il leur restait, au fond du cœur, une blessure invisible, certes, mais tellement profonde ! Ils avaient côtoyé l’horreur et la mort et, qu’ils viennent de France, d’Outre-mer, des pays alliés ou d’Allemagne, ils étaient désormais frères dans le souvenir et les illusions perdues !

    En 1918, on déplorait des morts, des blessés et des invalides par millions et on parlait à mots couverts des quelques centaines de « fusillés pour l’exemple »dont voici les derniers mots écrits par l’un d’entre eux, Théophile MAUPAS, à sa femme, Blanche, avant de mourir fusillé « pour l’exemple » à Souain, dans la Marne, en 1915 :

    « Je n’ai rien à me reprocher, je n’ai ni volé, ni tué, je n’ai  Sali ni la réputation, ni l’honneur de personne. Je puis marcher la tête haute. »

    La jeune Blanche se battit inlassablement, sans jamais baisser les bras, jusqu’à obtenir enfin, en 1934, la réhabilitation complète de son mari.

    Deux ans plus tard, il aurait pu faire sien ce passage de la célèbre « Chanson de Craonne »due à un auteur anonyme en 1917 et dont les paroles furent recueillies par Paul Vaillant-Couturier, convaincu pacifiste :

    ************************************************************************************                                                                                                   Refrain :

    « …mais c’est bien fini, on en a assez                       Adieu la vie, adieu l’amour,

    Personn’ n’veut plus marcher                                 adieu toutes les femmes.

    Et le cœur bien gros, comm’dans un sanglot                C’est bien fini,c’est pour toujours

    On s’en va là-haut en baissant la tête.                     De cette guerre infâme.

    C’est à Craonne, sur le plateau,

    Qu’on doit laisser sa peau

    Car nous sommes tous condamnés

    C’est nous les sacrifiés ! »

    ***********************************************************************************

    En 1998, Lionel Jospin, alors premier ministre, prononçait ces paroles pleines de compassion, à Craonne, justement :

    « Epuisés par des attaques condamnées à l’avance, glissant dans une boue tâchée de sang, plongés dans un désespoir sans fond, ils refusèrent d’être sacrifiés, victimes d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats…. »

    Les souffrances de tous ces malheureux, soldats ou officiers, qui, par lassitude, par désespoir, par révolte contre un ordre imbécile et injuste ont un jour dit : « NON ! »  doivent être reconnues comme  telles ! En effet, de 1914 à 1918, 953 soldats ont été fusillés.

    -140 pour des faits de droit commun, 127 pour espionnage, 47 pour motifs inconnus et

    639 pour désobéissance militaire !

    Pour ces derniers, 100 ans après, les familles attendent toujours une vraie réhabilitation, à quelques exceptions près ! N’oublions pas, en effet, le cortège de malheurs qui s’ajoutent à la mort infâmante de ces soldats qui n’auront eu droit à aucune défense et furent souvent passés par les armes par leurs camarades, bouleversés par cette horrible corvée ! Ainsi, Marcel GARRIGUES, dans une lettre à sa femme datée du 31 juillet 1915, écrit avoir été réveillé à 2 heures du matin, soi-disant pour être passé en revue par le Général JOFFRE, et il ajoute :

    «Si je m’étais attendu à ça, je me serais fait porter malade, j’aurais eu 8 jours de prison mais au moins, je n’aurais pas assisté à un assassinat ; ça s’était vaguement dit « c’est pour une dégradation » mais jamais je ne me serais attendu à une exécution ! » 

    Pour les familles, c’est :

    - l’opprobre,

    - l’absence de pension de veuve de guerre pour la veuve,

    - l’absence de statut d’orphelins pour les enfants,

    - l’absence de reconnaissance sur les monuments aux morts et, par-dessus tout, ce sentiment de honte, traversant les années !       

    Tous ceux-là ne sont pas morts POUR la France mais PAR la France !

     Qu’il existe, depuis 2014, au Musée de l’Armée des Invalides, un monument dédié aux fusillés pour l’exemple est certes une reconnaissance mais bien insuffisante !

     C’est une réhabilitation globale et définitive que nous demandons solennellement à Monsieur le Président de la République, comme il l’avait fait au nom de son département de Corrèze, quand il en était Président et comme l’ont fait nombre de collectivités !

    Ces millions d’hommes envoyés au massacre, en dépit des efforts des grands pacifistes comme Jean Jaurès, et ce, pour satisfaire les ambitions hégémonistes des états et l’insatiable appât du gain des grands trusts industriels d’armements, ces victimes des Va-t-en Guerre ne sont pas différents de ces pauvres hères s’étripant les uns des autres pour un territoire et  évoqués, avec commisération, par Voltaire dans Micromégas, en 1752 : «  Ni l’un ni l’autre n’a jamais vu ni ne verra jamais, le petit coin de terre dont il s’agit et presque aucun de ces animaux, qui s’égorgent mutuellement, n’a jamais vu l’animal pour lequel  ils s’égorgent.»Rien de nouveau sous le soleil ! Il s’agissait alors d’une œuvre de fiction mais terriblement proche de la triste réalité des guerres dont, malheureusement, la DER des DER ne le fut pas !

     

                                

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    11 novembre : "Cela vaut toutes les leçons d'Histoire", dit Jean-Marc Todeschini

     

    11 novembre : "Cela vaut toutes les leçons d'Histoire"

     dit Jean-Marc Todeschini

    INVITÉ RTL - Le secrétaire d'État aux Anciens combattants a souligné l'importance de la visite des lieux de mémoire dans le cadre du plan de l'État contre le racisme et l'antisémitisme.

    Alors que François Hollande préside aujourd'hui les cérémonies de commémorations du 11 novembre, en compagnie de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le secrétaire d'État aux Anciens combattants est revenu sur l'importance du devoir de mémoire pour les plus jeunes générations. Dans le cadre du plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme adopté par l'État après les attentats de janvier, les élèves sont désormais amenés à visiter à plusieurs reprises des lieux de mémoire pendant leur scolarité. "Je crois que visiter des lieux de bataille ou d'internement vaut toutes les leçons d'histoire possibles, bien au delà de la commémoration du centenaire en 2018", affirme l'ancien instituteur au micro de RTL.

    Interrogé sur l'entretien des tombes des anciens combattants au moment où de nombreux baux centenaires de combattants de 14-18 arrivent à leur terme, le secrétaire d'État a rappelé que l'entretien des cimetières était à la charge des communes, contrairement au monument aux morts mais que l'État pouvait venir en aide aux communes qui en font la demande. "Les tombes sont entretenues, l’État assume ses responsabilités quel que soit le pouvoir en place", assure Jean-Marc Todeschini.

    Alors que la France a perdu ses derniers poilus, le secrétaire d'État aux Anciens combattants souligne également que les 950.000 anciens combattants d'Algérie constituent désormais "le gros du bataillon de la mémoire". Jean-Marc Todeschini a insisté sur le fait d'apprendre à commérer ce que l'on désignait encore il y a quelques années comme "les événements d'Algérie". Comme François Hollande, il s'est rendu d'ailleurs rendu en Algérie pour participer à plusieurs commémoration dans un pays "où la mémoire commune avec le France ne commence pas en 1954". 

    SOURCE : http://www.rtl.fr/actu/politique/11-novembre-cela-vaut-toutes-les-lecons-d-histoire-dit-jean-marc-todeschini-7780461160

     

     


    11 novembre : "Cela vaut toutes les leçons d... par rtl-fr

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  • Un fascicule de propagande

    Un fascicule de propagande

     Je ne l’ai jamais eu entre les mains mais j’en connaissais l’existence. Il était distribué aux soldats qui arrivaient en Algérie. A la caserne d’Oran où j’ai fait mes classes c’était une autre forme de conditionnement des esprits qui avait été prise. Il y avait en effet, j’en ai déjà parlé, un lieu d’action psychologique qui reprenait l’argumentation du fascicule dont la photo de couverture illustre le présent article. La propagande joue un rôle important dans les guerres, on s’en était déjà rendu compte avec celle de 14 – 18. Alors pensez pour celle d’Algérie qui n’avait pas que des adeptes !

    Il y avait donc des panneaux dont certains valaient leur pesant de confiture. Du genre « Ne pense pas au pays si tu veux le revoir » ou encore « Si tu tombes dans une embuscade, tu jaillis du camion comme un diable de sa boîte, tu te postes et tu ripostes ». Il y avait des phrases bien choisies, je me rappelle celle de Ferrat Abbas « J’ai interrogé les morts, j’ai interrogé les cimetières, je n’y ai vu nulle part trace de la nation algérienne ».

    Le discours affiché tenait compte de la situation économique et sociale de l’Algérie. Elle n’était pas exactement au même niveau qu’en France mais ce n’était pas dû au colonialisme. Ça devait venir de la stratosphère ! Il y avait même une monnaie différente de la monnaie nationale. L’Algérie c’était la France mais pas tout à fait quand même !

    J’ai parcouru le fascicule : la France avait apporté sinon le bonheur, du moins la prospérité aux Algériens. En fait c’était la civilisation qu’on leur fournissait, clés en mains en quelque sorte. Nous sommes dans le registre bien connu développé par Jules Ferry, le père de l’Ecole laïque qui a diffusé cette conception..

    Aussi s’il y avait des imperfections, la rébellion ne pouvait être que l’œuvre de fanatiques conditionnés par… une idéologie qui n’offrait pas de perspective. Le fascicule, édité en 1957, cite le président du conseil, des ministres, qui à l’époque s’appelait Guy Mollet, lequel vantait le développement harmonieux de l’Algérie au sein de la France.

    Dans l’esprit des tenants de l’Algérie française les opérations de maintien de l’ordre menées par l’armée devaient permettre d’en finir avec la révolte d’une poignée d’agitateurs. En mars 1960 lors de mon débarquement à Oran, et bien que l’idée d’autodétermination ait été déjà formulée, pour un partisan de l’œuvre bienfaitrice de la mère patrie, il était tout à fait impossible que l’Algérie accède à son indépendance. Comme aurait dit Brassens « La suite lui prouva que NON » !

    Jacques CROS

    Deux documents de la 4acg

    Un fascicule de propagande ***

    Un fascicule de propagande ***

     

    Un fascicule de propagande ***

     

    Action Psychologique de l’Armée pendant
     
    la Guerre d’Algérie

     

    Pendant cette Guerre d’Algérie, l’Armée avait mis en place un service d’action psychologique intense pour le conditionnement des appelés du Contingent et de leur famille, et même la presse.

    Une action psychologique intense

    Pendant cette Guerre d’Algérie, l’Armée avait mis en place un service psychologique intense pour le conditionnement des appelés du Contingent et de leur famille. Outre les réunions "d’informations", qui en fait tentaient d’être des mises en conditionnement, organisées par les officiers pour "justifier" la démarche militaire, il y a avait deux publications éditées par ces services :
    - Le journal "Le Bled" qui était remis à chaque militaire, présentait une action "pacificatrice" très orientée dans une optique militaire, très colonialiste.
    - Des cartes postales en noir et blanc : des photos prises ici ou là et avec un commentaire très particulier pour chacune. Ces cartes étaient remises à chaque appelé (autant qu’il en voulait) pour écrire à sa famille, aux amis. Elles étaient gratuites. En voici juste quelques exemplaires et le commentaire qui figurait sur la carte.

     

    "Comme 300 autres, cette école a été brûlée par les rebelles"



    "La vie quotidienne unit tous les Français d’Algérie quelque soit leur origine"


    "Pour permettre aux jeunes kabyles de continuer leurs études, l’armée de pacification utilise différentes formules : ici une classe en plein air a été organisée".


    "Les enfants musulmans reprennent confiance devant ce souriant visage

    d’un gars de France."


    "Un village algérien où la paix est revenue"


    "

    "L’amitié est revenue dans le Village"


    "Ce jeune musulman est devenu le camarade de ces trois soldats"



    "L’armée protège les populations non seulement contre les entreprises des rebelles mais encore contre les atteintes de la maladie."


    "Un soldat et son tout jeune ami musulman"


    Commentaires

    Ces cartes tentaient de faire passer 3 messages :

    1. - le FLN, les "rebelles" c’étaient des barbares, des terroristes, dangereux... : ils brûlent les écoles !!!
    2. - l’Armée travaillait à la "pacification" et elle avait un rôle social : éducation, sanitaire... Mais, malgré ces affirmations péremptoires, il ne faut pas oublier que ce ne sont pas plus de 15% de la poluation FNSA (Français de souche nord africaine) qui ont été scolarisés et souvent qu’à temps très partiel, et ce, même avec les efforts de l’Armée et de ses SAS.
    3. - l’Armée avait pu "redonner" confiance aux "musulmans". C’est à dire que l’Armée avait pu jouer son rôle de maintien de l’ordre, et d’éradication du FLN dans la polulation algérienne... Le journal "le BLED", lui, essentiellement destiné aux appelés, relatait les attentats FLN, avec toutes les horreurs possibles, pour inciter les soldats à "se venger", à "venger les copains",... Ce média, le seul accessible au jeunes du contingent, "justifiait" la politique civilisatrice de l’Armée, permettant le ralliement de la population "musulmane" (le terme algérien n’était pas employé et tout autochtone était considéré comme musulman).

    Les journaux métropolitains étaient quasi inaccessibles : l’Humanité, l’Express, le Nouvel Observateur, le Monde... interdits en Algérie, et les autres parfois présents dans les librairies de grandes villes : Oran, Alger, Constantine... Seules les radios RMC (Radio Monte Carlo), parfois Europe, difficilement Radio France pouvaient être captées. Les informations en provenance de l’Algérie, de toutes façons, n’étaient que celles transmises par le service d’information de l’Armée.

    Henri POUILLOT

    Un fascicule de propagande ***

    Jacques Cros : "A propos du Bled on peut consulter l'article que j'avais mis en ligne sur le mien lien http://cessenon.centerblog.net/6568975-le-bled-bled-bled-57"

     

     

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