• Guerre à la guerre Par Jacques CROS

    Guerre à la guerre

    Par Jacques CROS

    J’ai reçu de deux correspondants une série de dessins réalisés par des professionnels après les attentats criminels du 13 novembre en hommage aux victimes. Celui que j’ai choisi pour illustrer mon article est celui qui correspond le mieux à ce que je ressens : je refuse la logique de guerre dans laquelle on nous a engagés et qu’on veut poursuivre.

    Il va de soi que je n’ai aucune espèce de sympathie pour les terroristes et pour DAEHS. Pour autant je n’absous pas les puissances impérialistes qui ont créé la situation actuelle. Je dirai que chronologiquement ce sont elles les premières responsables.

    La guerre est leur réponse à la crise économique que traverse le monde. Je ne reviens pas sur cette analyse je l’ai développée à plusieurs reprises. Cette donnée me parait l’essentiel dans le contexte actuel.

    Bien sûr les partisans du recours à la force armée ne manquent pas d’habileté et exploitent tous les arguments dont ils disposent pour justifier la nécessité d’amplifier un conflit déjà douloureux. Le terrorisme et DAESH les aident parfaitement dans cet objectif.

    Mais on ne peut pas accepter que la guerre qui menace d’embraser la planète soit la solution aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il faut dépasser les apparences et chercher les causes profondes qui la génèrent.

    Il y a à faire car l’opinion est bien conditionnée par l’idéologie dominante et les médias à son service qui masquent les raisons réelles de ce qui se passe. Les derniers événements graves qui sont intervenus entre la Turquie et la Russie sont pourtant révélateurs de ce qui est en jeu.

    Jacques CROS

    Guerre à la guerre  Par Jacques CROS

    En complément à l’article de Jacques Cros

    A qui sert les guerres ? Je veux comprendre ?

    La France est en guerre continuellement… depuis 2001. Elle sort d’une guerre en Afghanistan, lourde de civils assassinés. Les droits des femmes y sont toujours bafoués, tandis que les talibans regagnent chaque jour du terrain. Elle sort d’une guerre en Libye qui laisse le pays ruiné et ravagé, avec des morts par milliers et des armes qui approvisionnent tous les jihads. Elle sort d’une intervention au Mali. Les groupes jihadistes liés à Al-Qaeda ne cessent de progresser et de perpétrer des massacres. A Bamako, la France protège un régime corrompu jusqu’à l’os, comme au Niger et au Gabon. Les oléoducs du Moyen-Orient, l’uranium exploité dans des conditions monstrueuses par Areva, les intérêts de Total et de Bolloré ne seraient pour rien dans le choix de ces interventions très sélectives, qui laissent des pays dévastés ? En Libye, en Centrafrique, au Mali, la France n’a engagé aucun plan pour aider les populations à sortir du chaos. Or il ne suffit pas d’administrer des leçons de prétendue morale (occidentale). Quelle espérance d’avenir peuvent nourrir des populations condamnées à végéter dans des camps ou à survivre dans des ruines ?

    La France prétend détruire Daech ? En bombardant, elle multiplie les jihadistes. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Comme en Irak, certains de ces civils finiront par se solidariser avec les jihadistes : ces bombardements sont des bombes à retardement.

    Daech est l’un de nos pires ennemis : il massacre, décapite, viole, opprime les femmes et embrigade les enfants, détruit le patrimoine mondial. Dans le même temps, la France vend au régime saoudien, pourtant connu pour financer des réseaux jihadistes, des hélicoptères de combat, des navires de patrouille, des centrales nucléaires ; l’Arabie Saoudite vient de commander 3 milliards de dollars d’armement ; elle a réglé la facture des deux navires Mistral, vendus à l’Egypte du maréchal Al-Sissi qui réprime les démocrates du printemps arabe. En Arabie Saoudite, ne décapite-t-on pas ? N’y coupe-t-on pas les mains ? Les femmes n’y vivent-elles pas en semi-esclavage ? Engagée au Yémen au côté du régime, l’aviation saoudienne a bombardé les populations civiles, détruisant au passage des trésors architecturaux. Bombardera-t-on l’Arabie Saoudite ? Ou bien l’indignation fluctue-t-elle selon les alliances économiques de l’heure ?

    La guerre au jihad, dit-on martialement, se mène en France aussi. Mais comment éviter que ne sombrent des jeunes issus en particulier des milieux populaires, s’ils ne cessent d’être partout discriminés, à l’école, à l’embauche, dans l’accès au logement ou dans leurs croyances ? Et s’ils finissent en prison. En les stigmatisant davantage ? En ne leur ouvrant pas d’autres conditions d’existence ? En niant leur dignité revendiquée ? Nous sommes ici : la seule manière de combattre concrètement, ici, nos ennemis, dans ce pays devenu le deuxième vendeur d’armes mondial, c’est de refuser un système qui, au nom du profit à courte vue, produit partout plus d’injustice. Car la violence prolifère sur la misère et les inégalités dont, année après année, les rapports de l’ONU montrent qu’elles s’accroissent, entre pays du Nord et du Sud, et au sein des pays dits riches. L’opulence des uns a pour contrepartie l’exploitation et l’oppression des autres. On ne fera pas reculer la violence sans s’attaquer à ses racines. Il n’y a pas de raccourcis magiques : les bombes n’en sont pas.

    Guerre à la guerre  Par Jacques CROS

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