• Combattant d'Algérie. 369 jours qui valent double

     

    Combattant d'Algérie. 369 jours qui valent double


    Jean Richard est marin pêcheur et ostréiculteur retraité à Séné.

     

    Le Morbihannais Jean Richard s'est retrouvé au front en Algérie alors qu'il avait 20 ans, en 1958. Pugnace par principe, l'ancien appelé a franchi les lignes de l'administration pour faire reconnaître ses 369 jours d'«actions de feu et/ou de combat», qui vont compter double pour sa pension retraite.

    Tout part d'un décret du 10 mars 2010 qui attribue le bénéfice de la campagne double à tous les anciens combattants d'Afrique du Nord. « Ce n'est pas si compliqué, il suffirait de se référer à nos carnets militaires », constate Jean Richard, un ancien marin pêcheur de Séné. « Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi c'est à nous de faire la démarche de demander cet ajustement de pension, alors que ça pourrait être automatique ». Reste qu'il faut en obtenir la preuve du ministère de la Défense.

    « Une marque de reconnaissance »

    Cela ne lui rapportera que 10 € de plus de retraite par mois, mais le fringuant octogénaire en fait une question de principe. « C'est une marque de reconnaissance. Ils ont bouffé deux ans et demi de ma jeunesse », souligne-t-il, en évoquant les épisodes traumatisants qu'il a vécus et dont il a fait un livre : « Avant que le temps n'efface tout ».

    Jean Richard s'est donc adressé à sa caisse de retraite, l'Enim, celle des anciens marins pêcheurs.

    « Ils interrogent le Bureau des matricules militaires (BMM) du ministère de la Défense pour connaître le nombre de jours que j'ai passé au combat. On leur répond que je n'ai été exposé au feu et/ou au combat que pendant 129 jours. C'est totalement aberrant puisque mon livret militaire montre bien que j'y suis resté 369 jours. Des gars qui étaient ensemble se voient, les uns, attribuer 10 jours quand on en accorde 110 ou 130 à d'autres. Et quand on interroge l'Enim pour savoir comment sont faits ces calculs de jours, ils nous répondent que cela relève du secret défense ! », raconte le retraité.

    « Il faut que ça profite à d'autres »

    S'ils ne sont pas en accord avec la durée retenue, les anciens appelés sont invités à se retourner vers le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de leur département. Ce que n'a pas manqué de faire Jean Richard.

    « C'était parti pour durer plus d'un an. Et, en plus, de nombreux Tass se sont déclarés non compétents sur la question, invitant les personnes à s'adresser au tribunal administratif. Ce qui fait encore traîner l'affaire. Et les gens, forcément âgés, meurent », constate l'ancien combattant. Pour gagner du temps, en août dernier, lui décide de réinterroger lui-même le Bureau des matricules militaires qui, contre toute attente, au début du mois, lui a envoyé une attestation reconnaissant sa participation à la guerre d'Algérie pendant, cette fois,... 369 jours.

    Dès lors, l'Enim a reconnu, sans difficultés, le droit au doublement du temps de campagne et la plainte au Tass va être classée. « Il faut que tous les anciens combattants dans mon cas connaissent cette procédure simple, pour éviter autant de tergiversation avec l'Enim », conclut Jean Richard. 

    SOURCE : http://www.letelegramme.fr/morbihan/combattant-d-algerie-369-jours-qui-valent-double-01-11-2017-11723841.php 

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 1er Novembre à 10:28

    Je n'ai jamais réussi à intégrer cette question de "campagne double". De toutes façons m'a-t-il été répondu, ma pension de retraité s'élevant à 80 % de mon traitement d'actif je ne peux espérer toucher plus. Reste de savoir ce que signifie "être exposé au feu". Alors là je n'ai pas réussi à le savoir !

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