• Alice Zeniter : "L'Art de perdre "

     

    « L'Algérie les appellera des rats. Des traîtres. Des chiens. Des apostats. Des bandits. Des impurs. La France ne les appellera pas, ou si peu. La France se coud la bouche en entourant de barbelés les camps d'accueil ». Alice Zeniter, "L'Art de perdre"

     

     

    RÉPARATION - Avec "L'Art de perdre", Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace et répare une injustice en donnant la parole à ceux qui ne l'avaient jamais prise. Le cinquième roman de cette écrivaine de 31 ans sur les silences de la guerre d'Algérie impressionne durablement.

    Elle était parmi les finalistes mais n'a finalement pas eu le Goncourt. Dans L'art de perdre, Alice Zeniter, petite-fille de harkis, relate le parcours de trois générations d'une famille kabyle, dont le destin s'inscrit entre l'Algérie et la France, depuis les prémices de la Guerre d'Algérie jusqu'à aujourd'hui. Une histoire placée sous le signe du silence dont il importait de raviver la mémoire.

    De quoi ça parle ?

    L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?

    Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un "harki". Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?

    Ce qu'il faut savoir

    Plus d'un demi-siècle après la signature des accords d'Evian, la guerre d'Algérie resurgit en cette rentrée littéraire. Dans cette fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte la France coloniale mais pas seulement. C'est aussi et surtout une réflexion sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

    Si Alice Zeniter s'est décidée à écrire cette histoire, c'est en partie à cause du livre Sauve qui peut la vie de Nicole Lapierre. Dans cet essai, paru en 2015, la sociologue, spécialiste de l'histoire de la Shoah, revient sur l'histoire de sa famille pour arriver à l'histoire des migrants d'aujourd'hui. Qu'ont-ils en tête au moment du départ ? Que ressent-on pour eux ? 

    "En la lisant, je me suis souvenue d'un vers d'Homère : les malheurs des hommes sont faits pour être chantés", se souvient Alice Zeniter. L'histoire des harkis n'avait jamais été "chantée". Pas de réglement de compte, juste une manière de raconter comment on compose avec son temps et donc avec le monde tel qu'il est. Livre très documenté, proposant une grande variété de points de vue, L'Art de perdre laisse promettre le meilleur pour la carrière de Alice Zeniter. 

    SOURCE : http://www.lci.fr/livre/pas-de-goncourt-2017-pour-l-ecrivaine-alice-zeniter-et-son-art-de-perdre-algerie-harkis-2069275.html

     

     

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