• Grand Corps Malade

    " Un pays blessé peut être intelligent "

     

    Photo AFP

    Nous reproduisons ce très beau texte que Grand Corps malade a écrit après les attentats du 13 novembre sur sa page Facebook.  

    « Après trois jours d’une tristesse infinie et d’une gueule de bois sans précédent, ce matin je suis optimiste. Comme beaucoup, j’ai lu la presse, regardé la télé, parcouru les réseaux sociaux pour comprendre ce qu’on était en train de vivre, pour mettre des mots sur l’indicible, pour regarder mon pays. Alors, bien sûr, j’ai vu de la peur, un peu de haine, du désir de vengeance, j’ai même vu quelques gros cons aussi vulgaires qu’indécents. Mais j’ai surtout vu de l’espoir. J’ai surtout vu du courage et de la dignité. Comme ce veuf qui déclare aux terroristes dans un texte incroyable qu’ils n’auront pas sa haine, ni celle de son fils de 17 mois. Comme cette vieille dame qui affirme que nous fraterniserons avec 5 millions de musulmans et que nous nous battrons contre les 10 000 barbares. Comme ce journaliste qui déclare que personne ne pourra nous prendre ce qui nous constitue. Comme cet enfant qui répète que les fleurs et les bougies, c’est pour nous protéger. J’en ai vu et lu des dizaines comme ça, merci. On dit d’un animal blessé qu’il peut être dangereux. Je découvre aujourd’hui qu’un pays blessé peut être intelligent. Ce matin, je suis optimiste et j’aime mon pays comme rarement. Oui, la France est belle car elle ne cédera pas à la panique. Elle est belle car elle continuera de faire briller toutes ses couleurs, ses différences et ses incohérences. Elle est belle car elle aime danser et faire du bruit, chanter et vivrela nuit. Elle est belle parce qu’elle aime lever son verre en se regardant dans les yeux. Elle est belle parce qu’elle a une grande gueule. Elle est belle parce qu’elle est rebelle et insolente. La France est belle parce qu’elle est libre et ça, personne ne pourra lui enlever. »

    SOURCE : http://www.humanite.fr/grand-corps-malade-un-pays-blesse-peut-etre-intelligent-590408

     

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  • Aujourd'hui, c'est pour moi un jour un peu spécial

     car mes 3 blogs enregistrent ensemble

     1 million de pages vues !

    En 5 ans et 7 mois

    Aujourd'hui, c'est pour moi un jour un peu spécial, car mes 3 blogs enregistrent ensemble   1 million de pages vues !  En 5 ans et 7 mois

    Pour tout vous dire, j'ai du mal à réaliser que plus d’1 million de pages ont été vues depuis le 4 avril 2010.

    Les blogs font aujourd'hui partie intégrante de ma vie et il m'arrive parfois de me faire peur en imaginant qu'un gros bug irréversible vienne les faire disparaître et réduire à néant près de 6 ans d'efforts, de temps, d'énergie et d'amour investis... Un cauchemar ! Ce qui a failli arriver avec l’un de mes 3 blogs il y a quelques semaines…

    Mais ce qui est formidable avec cette aventure, c'est que je ne l'a vis pas seul dans mon coin (ça, c'était avant, au tout début !) et que je l’ai partagée aujourd'hui avec 450451 lecteurs *** c'est un moteur extraordinaire pour continuer !

    Oui un moteur extraordinaire : mes blogs, par exemple, ont fait se retrouver des familles qui ne s’étaient pas vues depuis des décennies : ils ont fait se retrouver des anciens appelés et rappelés des guerres coloniales d’AFN 1952-1962 ; de nombreuses demandes de renseignements m’arrivent de France, d’Algérie et même d’ailleurs, j’essaye d’y répondre… Souvent je reçois ce commentaire « Tes blogs sont utiles » et je suis fier que mes blogs soient appréciés par vous toutes et tous en France, mais aussi PAR MES AMIS ALGERIENS !!!

    1 million de pages vues !

    En 5 ans et 7 mois 

    Vous vous rendez compte : 1 million de pages vues ! Alors oui, certains blogs y parviennent en 6 mois ou 1 an mais tant pis pour les comparaisons (ça tombe bien, je déteste ça !), aujourd'hui je ne vais pas bouder mon plaisir : me dire que les billets des blogs ont été visionnés plus d'1 million de fois (1 000 891 exactement à ce jour) me remplit de fierté et de joie ! 

     

    Aujourd'hui, c'est pour moi un jour un peu spécial, car mes 3 blogs enregistrent ensemble   1 million de pages vues !  En 5 ans et 7 mois

    *** Un grand, grand, grand merci, du fond du coeur, vraiment ! ***

     

    Aujourd'hui, c'est pour moi un jour un peu spécial, car mes 3 blogs enregistrent ensemble   1 million de pages vues !  En 5 ans et 7 mois

     

    Parce que la mémoire ouvrière

    est un patrimoine à conserver

    Je vous propose cette chanson 

     

     
    Le Chiffon Rouge de Michel Fugain par l... par Harmonie5962

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  • 1955-2015 : ce que nous avons à craindre

     de l’état d’urgence

    (PS) Les mots écrit en rouge sont des liens, en dehors des légendes

    L’état d’urgence a été voté en 1955, pendant la guerre d’Algérie. Rappelant à ses opposants de l’époque le régime de Vichy, ses conséquences furent terribles. Comment ne pas craindre qu’elles le soient une nouvelle fois aujourd’hui ?

    L’état d’urgence procède d’une loi votée le 3 avril 1955. Cet état a été en vigueur trois fois durant la guerre  : 1955, 1958 au moment de la crise de la IVe République et en 1961 durant le putsch des généraux.

    Dès le départ, il y a une ambiguïté dans les termes de la loi. L’état d’urgence est choisi plutôt que l’état de siège, afin de taire l’existence de la guerre d’Algérie mais aussi de nier le statut de combattants aux nationalistes algériens. Aujourd’hui, cette ambiguïté demeure. Ainsi, selon les mots de l’historienne de la guerre d’Algérie Sylvie Thénault :

    « L’état d’urgence est introduit dans le droit français en tant que nouvel état juridique à mi chemin entre le droit commun (qui caractérise la paix) et l’état de siège qui caractérise la guerre. »

    Il est étendu aux départements algériens comme à la métropole pour éviter la critique selon laquelle il serait fait un traitement discriminatoire de l’Algérie. Notons que le gouvernement actuel a étendu l’état d’urgence aux départements et territoires d’outre-mer.

    L’état d’urgence est né d’une réflexion menée sous les gouvernements Pierre Mendès-France et Edgar Faure. C’est en réalité la synthèse des propositions des inspecteurs généraux de l’administration en mission extraordinaire en Algérie et de son gouvernement général Jacques Soustelle, farouche partisan de l’Algérie française. La genèse de l’état d’urgence est coloniale. Le but pour le gouvernement Faure est de mater par la force le mouvement nationaliste algérien en sortant la répression de son cadre légal.

    Assignation à résidence et régime de Vichy

    Contrairement à la séance du 19 novembre 2015, il y a dès l’examen du projet de loi à l’Assemblée de fortes critiques de députés socialistes et communistes, notamment en raison des mesures qui mettent en péril les libertés fondamentales (la loi prolongeant l’état d’urgence de trois mois a été adoptée à une écrasante majorité de 551 voix contre 6 et une abstention...).

    En 1955, l’état d’urgence permet d’instaurer le couvre-feu, d’interdire les réunions, de fermer les salles de spectacles ou les cafés, de procéder à des perquisitions de nuit sans contrôle judiciaire, de contrôler la presse, les publications et les émissions de radios. La mesure qui suscita le plus de critiques fut l’assignation à résidence. En effet, l’article 6 de la loi stipule que  :

    «  Le ministre de l’Intérieur dans tous les cas peut prononcer l’assignation à résidence dans une circonscription territoriale ou une localité déterminée de toute personne résidant dans la zone fixée par le décret visé à l’article 2 dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics des circonscriptions territoriales visées audit article.

    L’assignation à résidence doit permettre à ceux qui en sont l’objet de résider dans une agglomération ou à proximité immédiate d’une agglomération. »

    Certains députés ayant connu le régime de Vichy rappellent, comme le communiste Pierre Fayet, que l’assignation à résidence ouvre la voie à la création de camp  :

    «  Sous le régime de Vichy, les arrêtés pris pour interner les personnes dans un camp de concentration ne parlaient également que de résidence.  »

    Si le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bourgès-Maunoury, les rassure en disant qu’il n’y aura pas de camp, les premiers camps ouvrent en Algérie dès le mois de mai 1955 (cette pratique de l’assignation à résidence est également un héritage de la période coloniale. Avant 1944, le gouverneur général d’Algérie pouvait assigner des Arabes à résidence). Mensonge du gouvernement qui contourne facilement les oppositions parlementaires.

    La même logique aujourd’hui ?

    La similitude avec la situation actuelle a de quoi faire frémir. En continuité totale avec la guerre d’indépendance algérienne, l’idée a été soulevée dès samedi 14 novembre par Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, proposant de créer des camps d’internement pour les citoyens français ayant une fiche S. Et ce projet n’a pour l’instant pas été démenti par François Hollande et Manuel Valls.

     

    Paris le 27 octobre 1960, un manifestant est arrêté par un policier lors d’incidents quand un meeting à la Mutualité pour « la paix en Algérie » est organisé par l’Union nationale des Etudiants de France (Unef) et perturbé par une contre-manifestation - AFP PHOTO

    Plus inquiétant encore est le projet de loi sur l’état d’urgence déposé jeudi 19 novembre à l’Assemblée nationale sans aucune concertation ni de temps de débat. Il va plus loin encore dans la dénomination de ceux qui pourraient être assignés à résidence  :

    «  Le régime des assignations à résidence est modernisé et élargi à toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public.  »

    Ceci va plus loin puisqu’on passe de la notion «  d’activité  » dans la loi de 1955 à celle de «  comportement  », bien plus floue. Ceci signifie donc que toute une gamme de personnes peuvent être assignées à résidence, pourquoi pas des opposants à la COP21, en passant par les récents squatteurs du quartier des Moulins à Lille, qui ont connu une descente du Raid mardi 17 novembre au matin afin d’évacuer le squat  !

    On sait que l’état d’urgence a servi dès 1955 à interner des milliers d’Algériens, à saisir des journaux, à perquisitionner, à établir des couvre-feu (notons que le gouvernement a supprimé le contrôle des médias, mesure aujourd’hui inapplicable à cause des réseaux sociaux notamment). Et si aujourd’hui la création de camp pour des citoyens français est interdite par la loi, rien n’interdit leur possible création suite à la multiplication des assignations à résidence comme ce fut le cas durant la guerre d’Algérie.

    Rappelons que l’assignation à résidence en elle-même est une mesure administrative privative de liberté. Le gouvernement a décidé d’assigner 12 heures par jour les suspects. Le gouvernement prévoit des recours devant le juge administratif, mais pour quels délais et quelle efficacité  ? Et aussi pour combien d’erreurs qui seront à coup sûr traumatisantes pour les individus assignés à résidence  ?

    Légalisation de l’arbitraire

    Une des conséquences majeures de l’état d’urgence durant la guerre d’Algérie fut que l’encadrement par la loi et les magistrats des forces de police, devint très difficile. Car l’état d’urgence permet bien de légaliser l’arbitraire (les perquisitions peuvent notamment être totalement arbitraires sans contrôle de l’autorité judiciaire). C’est bien l’état d’urgence qui permit notamment aux policiers dès 1955 d’user de violences illégales contre les Algériens suspectés de sympathies nationalistes. C’est l’habitus de la répression coloniale contre les Algériens qui explique entre autre le déchainement de violence dans les rues de Paris en 1961.

    Comment ne pas faire le parallèle avec la situation actuelle  ? Car ceux qui sont visés par la police comme étant supposés «  terroristes  » sont dans la mentalité policière «  arabes  » ou «  noirs  ». Les contrôles au faciès étant déjà une règle dans la police française, quelle sera l’étape suivante si la police dispose de tous les pouvoirs d’arrêter, interroger et assigner à résidence des individus suspectés pour leur couleur de peau  ? Comment ne pas voir dans la décision du gouvernement d’autoriser le port des armes en dehors du service pour les fonctionnaires de police le danger d’abus et de violences policières parallèles  ?

    Et que dire de la création encore floue d’une garde nationale composée de réservistes ou la possibilité d’étendre les pouvoirs de police à la police municipale  ? Ces corps moins professionnalisés, qui dans le cas de la police municipale sont dirigés localement par le maire, peuvent être plus violents. Dans les communes dirigées par des maires d’extrême droite, on imagine le pire. A Charonne en 1962, ce sont les compagnies d’intervention issues de la police municipale parisienne qui seront les principaux auteurs du massacre.

    Aujourd’hui on peut imaginer une gradation des mesures répressives car d’après le gouvernement le plafond n’est pas atteint. Dans un premier temps, il est prévu d’ici trois mois d’inscrire l’état d’urgence auprès de l’état de siège dans la Constitution (article 36), ce qui donnerait plus de marge à l’exécutif, et permettrait de contourner d’éventuelles oppositions parlementaires. Et ensuite  ? On sait que ces mesures ont été totalement inefficaces et surtout meurtrières pendant la guerre d’Algérie (rappelons aussi que le contexte était différent, notamment parce que les élites politiques de la France de la IVe République ne pouvaient / ne voulaient reconnaître le caractère légitime et inéluctable de l’indépendance algérienne).

    1956, les pouvoirs spéciaux et la torture

    Dans le contexte actuel, on peut imaginer une fuite en avant, à plus ou moins court terme, à cause d’un nouvel attentat ou de l’élection d’un nouveau gouvernement encore plus à droite (2017). En effet, le 16 mars 1956, le socialiste Guy Mollet, soutenu par François Mitterrand (ministre de la Justice) et Bourgès-Manoury (ministre de l’Intérieur) fit voter la loi dite des pouvoirs spéciaux.

     

    Gégène (dynamo électrique manuelle, employée par des militaires français pour torturer en Algérie) - PRA/Wikimedia Commons/CC 

    Cette loi autorisa les camps d’internement pour les assignés à résidence et la traduction sans délais d’un individu devant la justice (qui est alors militaire). Ces pouvoirs spéciaux donnaient aussi les pouvoirs de police aux militaires, soit notamment les pouvoirs d’arrêter, d’interner et d’interroger des suspects. Ces pouvoirs furent l’origine de la généralisation de la torture et des exécutions sommaires en Algérie mais aussi en France.

    L’état d’urgence est bien un dispositif qui permet de sortir du droit commun et d’organiser un contrôle radical et disciplinaire des populations. C’est aussi une mise au pas des contestataires de tout type. A l’heure où l’armée française intensifie la guerre en Syrie, il serait impossible de manifester contre les opérations militaires en cours. Enfin, on constate que l’état d’urgence permet d’anesthésier les luttes en cours, comme celle des migrants à Paris. Les migrants en lutte depuis des mois pour obtenir des lieux d’hébergement et des titres de séjour se sont vus interdire par la préfecture de se réunir à Gare du Nord le 14 novembre mais aussi le 22 novembre.

    Le déploiement de l’armée dans les banlieues a déjà commencé, notamment à Saint-Denis durant l’opération du 15 novembre. Des soldats ont obligé sous la menace de leur mitraillettes de jeunes hommes (arabes est-il nécessaire de le rappeler) à s’arrêter dans la rue, s’agenouiller et soulever leur vêtement pour montrer qu’ils ne portaient pas de gilets explosifs. Comment ne pas penser au comportement des forces de l’ordre durant la bataille d’Alger (1957)  ?

    « Est-il si sûr que rien ne puisse recommencer  ? »

    En 1984, l’état d’urgence avait été décrété en Nouvelle-Calédonie pour combattre la lutte des indépendantistes Kanaks. En 2005, l’état d’urgence a été prononcé dans le cadre des émeutes des banlieues, se traduisant par l’instauration d’un couvre-feu dans certaines communes et l’arrestation de 3 000 personnes pour plus de 500 détentions. Il est frappant d’observer que l’état d’urgence fut toujours utilisé dans des contextes coloniaux ou néocoloniaux. Car ce qui est à craindre sont bien les violences policières dans un état d’exception et de psychose policière, notamment à l’encontre des personnes perçues comme musulmanes. On objectera qu’il vaut mieux être mis en joue et contrôlé à Saint-Denis en 2015 que torturé dans la Casbah ou abattu sommairement dans un djebel. Et c’est parfaitement vrai. Pourtant, les mots de Pierre Vidal-Naquet, historien et opposant à la guerre d’Algérie qui a lutté contre la torture et les crimes de l’armée française, résonnent avec un écho inquiétant dans la situation actuelle  :

    «  Mais est-il si sûr que rien ne puisse recommencer, que le danger militaire soit nul et que Bigeard, (et ses ignobles crevettes Bigeard) au lieu de faire jeter à la mer les corps de ceux qu’il avait tués avec ce qu’il appelle ses “ méthodes de travail ”, se contentera de dialoguer à la télévision avec Charles Hernu, Georges Brassens et Bernard Clavel, et de faire repeindre les guérites, non en tricolore comme le général Boulanger mais avec des couleurs psychédéliques  ? Est-il sûr que demain, face à n’importe quel mouvement de “ l’adversaire intérieur ”, le cycle infernal qui conduit à l’établissement d’un ordre totalitaire, à la faveur d’une crise économique, ne se déroulera pas  ? Et les “ gégènes ” pourront, au besoin, rester au vestiaire. Il y aura pour infliger des “ tortures propres ” suffisamment de psychologues et de techniciens comparables à ceux que l’armée avait commencé à former en Algérie.  » (« Les crime de l’armée française », éditions La Découverte, 2001)

    Oui, l’état d’urgence est bien la marque de la répression arbitraire et de l’instauration d’un régime sécuritaire. Il ouvre la porte à des violences racistes aggravées, la possibilité de créer des camps d’internement, sans prémunir les populations du danger de nouveaux attentats. Nous avons beaucoup à perdre et à craindre de cet état d’exception.

    L'auteur de ce texte, Marius Loris, est doctorant en histoire et travaille sur l'armée pendant la guerre d'Algérie à l'Université Paris 1. Il fait également partie du comité de rédaction de la revue Vacarme, sur le site de laquelle a d'abord été publié ce texte.

     Xavier de La Porte

    SOURCE : http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/21/1955-2015-avons-a-craindre-letat-durgence-262204 

     

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  • Après le 13 novembre 2015...

    Après le 13 novembre 2015...

    Jeudi 19 novembre 2015, par Anne Doussin , Michel Berthelemy

    Les actes terroristes du 13 novembre 2015 ont réveillé chez de nombreux adhérents de la 4acg, anciens appelés en Algérie, des souvenirs douloureux. L’association, à travers ses liens avec l’Algérie et plus largement le Maghreb et les pays arabes, se situe "en faveur du respect de la personne humaine, de sa dignité, de son intégrité, de ses droits..../... aussi l’association se déclare particulièrement attachée à l’amélioration des rapports humains par l’effort de compréhension des différences culturelles, philosophiques, religieuses et politiques ... ( extraits de la Charte des valeurs et des objectifs de l’association).

    Nous vous proposons donc ci-dessous des articles de réflexion et d’analyse parus dans la presse suite à ces événements tragiques, de diverses sources et opinions.

    Cet article du site sera « évolutif » en fonction des textes qui nous parviendront. N’hésitez pas à venir... et à revenir régulièrement le consulter.

    • Charonne, une rue très politique. Article de Michaël Foessel, Hebdo l’Obs du 19 novembre 2015.  

    Le philosophe Michaël Foessel vit dans le 11éme arrondissement, où il voit l’un des derniers espaces de mixité sociale. Car la fête, écrit-il, est d’abord une expérience de l’égalité. Voici tout ce que Daech avait dans le viseur le 13 novembre.
    Un lien avec les événements de cette rue et de ce quartier en 1962.
    Lire l’article

    • Du côté de la vie. Par Jean-François Rouzières - Témoignage Chrétien du17 Novembre 2015. 

    Après des journalistes, des juifs, des policiers en janvier, les terroristes ont voulu massacrer l’essence même de notre pays : la jeunesse et l’art de vivre. À leur pulsion de mort, opposons notre force de vie.
    .../... Aujourd’hui comme hier, c’est notre culture, notre art de vivre, c’est la France des Lumières qui est attaquée.../... Plus que jamais, nous devons garder notre joie d’être vivants ; plus que jamais, nous devons garder le goût de l’autre.
    Lire l’article entier ici.

    • Le retour du boomerang, par Jean-François Bayart, Professeur à l’IHEID (Genève), directeur de la chaire d’Études africaines comparées (UM6P, Rabat) —15 novembre 2015 à 12:31 

    "Les origines de ce 13 novembre sont aussi à chercher du côté de la politique étrangère de l’Europe et de la France ces quarante dernières années. La démission de l’Europe sur la question palestinienne, l’occasion manquée avec la Turquie que l’on aurait pu si facilement arrimer à l’UE, l’alliance de la France avec les pétromonarchies… sont autant d’erreurs qui n’ont fait qu’aggraver le désastre et nourrir rancœur et radicalisation au Proche-Orient.
    http://www.liberation.fr/auteur/2539-jean-francois-bayart

    • Abdennour Bidar « C’est la communion, l’unité du 11 Janvier qui vient d’être visée » - Libération, 15 novembre 2015 à 18:06  

    Pour le philosophe, les terroristes veulent que « nous nous retournions les uns contre les autres : non musulmans contre musulmans, et citoyens contre une classe politique qui serait « incapable de nous protéger » ».
    Philosophe des religions, Abdennour Bidar travaille depuis des années sur le monde musulman et la laïcité. En 2015, il a publié Plaidoyer pour la fraternité (Albin Michel) et Lettre ouverte au monde musulman (Les liens qui libèrent).
    Si vous deviez vous adresser à nouveau au « monde musulman », que lui diriez-vous ?
    Daech est un cancer qui ronge et défigure ce monde musulman. J’insisterais donc sur l’urgence d’une prise de conscience, sous peine de mort. La civilisation islamique est l’homme malade de la civilisation mondiale, et Daech n’est que son symptôme le plus grave. Mais le corps entier est atteint : par où commencer la liste du désastre, de la faillite morale, politique et spirituelle ? Avec partout ou presque une quasi-absence de démocratie ; des monarchies du Golfe qui financent la domination globale d’une religiosité fondamentaliste ; l’échec des printemps arabes (exception faite d’une Tunisie courageuse mais terriblement fragile) ; le traditionalisme persistant qui continue d’asservir les femmes, ou ailleurs la propagation d’un néoconservatisme hyperrigoriste…
    http://www.liberation.fr/debats/2015/11/15/abdennour-bidar-c-est-la-communion-l-unite-du-11-janvier-qui-vient-d-etre-visee_1413614

    MISE A JOUR 22/11/2015

     

    • « Monsieur le Président, vous êtes tombé
    • dans le piège ! »

    David Van Reybrouck, d’expression néerlandaise, est l’auteur de nombreux ouvrages dont Congo, une histoire (Ed. Actes sud), pour lequel il a notamment reçu en 2012 le prix Médicis dans la catégorie « essai ». L’écrivain et historien interpelle le président français sur le champ lexical guerrier de son discours, samedi 14 novembre, lendemain des attentats qui ont endeuillé Paris. Et sur la surenchère que cela pourrait entraîner.

    suite : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/16/monsieur-le-president-vous-etes-tombe-dans-le-piege_4810996_3212.html

     

    • « qu’un sang impur ... »

    Notre hymne national, La Marseillaise, semble bien accepté par l’ensemble de la communauté française. Aucun parti ne se l’est approprié et on a pu voir et entendre les parlementaires, unanimes, l’entonner lors du congrès réuni à Versailles.

    Il existe deux interprétations de la fin du refrain — “qu’un sang impur abreuve nos sillons”. L’explication qui paraît aujourd’hui encore la plus répandue considère que le sang impur désigne celui de nos ennemis. Cependant, compte tenu du sens attaché au 18e siècle au mot sang, il semble que ce soit là un contre-sens et que l’expression sang impur désignait alors tous ceux qui n’étaient pas de noble extraction. Mais comment les élèves de première année à l’école primaire d’aujourd’hui peuvent-ils comprendre cette analyse lors de l’étude de notre hymne national qui est obligatoire depuis 2005 ?

    Quelle que soit la signification attribuée à cet extrait, il reste que son énoncé provoque un malaise chez certains et un redoublement des claquements de pieds d’autres participants. Ce slogan guerrier ne semble pas à sa place dans un texte qui mériterait sans doute un « lifting ».

    suite : http://ldh-toulon.net/qu-un-sang-impur,6520.html

     

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    Ce soir, vendredi 20 novembre : Paris, France, Monde, debout !

    Vendredi 13 novembre 2015, les meurtriers de Daesh ont attaqué nos vies.

    Ils ont voulu éteindre nos lumières, celles qui s'agitent au rythme de la musique, celles qui s'affirment parfois au bout de nos cigarettes, celles qui se reflètent dans nos verres partagés. Ils ont voulu éteindre la vie des terrasses, l'art de vivre le week-end à Paris. Ces QG de rupture, de culture, de révolte, de fraternité, de tendresse, d'amour, de rassemblement, de partage, de métissage.

    Sous les rafales de balles des assassins, aucune distinction. Nos âges, nos goûts, nos valeurs, nos opinions, nos couleurs, nos origines, nos religions, se sont effacés en un instant face à la violence meurtrière. C'est la culture et l'émancipation qui ont été frappées, pour faire taire la musique, effacer les œuvres, mettre à terre les comédiens. Ils dynamitent Palmyre et Nimrod en Syrie, ils mitraillent le Bataclan et ce qui fait la France. Pour Daesh, briser les vies ne suffit pas, il s'agit aussi d'en effacer toute trace.

    Nos différends et nos différences sont devenus secondaires face à ceux qui s'en prennent à la vie, à nos vies, pour nous faire peur, nous faire taire, nous abattre et nous diviser. Lutter contre la violence et l'extrémisme c'est continuer à dire "non", à rejeter la haine, le chacun pour soi et le chemin de la peur.

    Si la souffrance nous traverse tous, elle ne doit pas nous mettre à terre. Face à la violence aveugle, absurde et infinie des partisans de Daesh, nous nous tiendrons debout pour défendre nos valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de solidarité.

    21H20. Vendredi 20 novembre : Paris, France, Monde, Debout! 


    Une semaine après, allumons lumières et bougies en occupant, nos cafés, nos rues, nos places, nos villes, faisons entendre ces musiques qu'ils haïssent. Faisons du bruit et de la lumière pour qu'ils comprennent qu'ils ont perdu. Nous ferons ensemble cet acte simple, ici, là, là-bas, pour faire la preuve, une nouvelle fois, que la culture continuera de rayonner et de faire briller la lumière de l'espoir et de la fraternité.

    Nous qui sommes des artistes, des citoyens anonymes, des individus libres, nous vous appelons à être là vendredi 20 novembre à 21h20.

     

    Chimène Badi est née à Melun, le 30 octobre 1982

     de parents algériens

     Elle nous interprète « Ma Liberté »

     

     

    Ils étaient les premiers signataires

     de ce manifeste et de cet appel :

     
    Mouloud ACHOUR, PATRICE ABBOU, Mohamed ABDI, Audrey AIT-KEDDACH, Fadela AMARA, Louis AMSELEM, Marie-Chloé Amice, Alexandre ARCADY, Hanna Assouline, Marine Attané, Hortense Archambault, The Avener, Charles AZNAVOUR, Eric BASSET, Georges-Marc BENAMOU, Amélie Benais, Jacky BENAZERAH, Mohamed BENALI, Marie BENOLIEL, Djamel BENSALAH, Anne BENTAIEB, Carole Bienaimé Besse, Jean BENGUIGUI, Arthur BENZAQUEN, Gilles Berault, Pierre BERGE, Arnaud Bettan, David BLANCHON, Paul BLIN, Raymond Blumenthal, Lou BONETTI, BOODER, Arnaud Bouin, Michel BOUJENAH, Shirley BOUSQUET, Dominique BOURDE, Jean-François BOYER, Gaël BRUSTIER, Vincent Byrd le Sage, Daly Champaphonevilay, Stéfi CELMA, Franckie CHARRAS, Lucien CHEMLA, Elie CHOURAQUI, Valentin Cohen, Pascal COUVRY, Philippe COUDRAY, Cyrce, Thomas Da Silva Antune, Antoine Teboul Decourchelle, Emmanuel Demarcy-Mota, Benoit DEVARIEUX, Leonardo de la FUENTE, Augustin Deschamps, Emmanuelle Dechelette, Marie-Leila DJIDERT, Ladji DOUCOURE, Julien DRAY, Samuel DRAY, Jacques DRIANCOURT, Suzanne DUMONT-VAYSSADE, Hermann Ebongue, Claude FENIOUX, Nathalie FORTIS, Lef FORSTER, Michaël GENTILE, Laurent Gerbi, Emilie GESNOT, Flora GHEBALI, Pierre Samuel Guedj, Max Guazzini, Asma GUENIFI, Vanessa GUIDE, Mike GUIMOND, Tony GOMEZ, Michele GOSSELIN, Raphael Gubler, Jonathan HAYOUN, Noémie HAZOUT, Jean-RACHID, Fatima KADAMAR, Dorha KADAMAR, Elisabeth Henry, Gilles KEPEL, Yasmina KEPEL, Issa KHALED, Josiane KRIEF, Hassan KOUBBA, Diane KURYS, Valérie LABARRE, Anne-Marie LAZARINI, Aline LE BAIL-KREMER, Roman Londner , Jack LANG, Audrey Lefort, Adrien MADEC, Arnaud MAGLOIRE, Léa MALPART, David Maruani, William Massari-Elman, Elodie MASSE, Axel Maybon, René MANZOR, Marie MANZOR, Émilie Mengelle, Nadia Ney, Barka HJIJ, Rachel KHAN, Hakim KHELAF, Thierry Kuhn, Cindy LEONI, Mehdi LETAHIEF, Eric JUDOR, Gabriel ROCCA, Alexandre PASQUA, Ganesh Pedurand, Nicolas PERRIN, Boris PESSINE, Catherine PETIT, Elie PETIT, Victor QUEZADA-PEREZ, Audrey Ping, Hugues RENSON, Sacha REINGEWIRTZ, Meige Rivet, Isabelle ROCHE, Frédéric ROME, Aaxel Ross, Laurine SABBAN, Marc SADOUN, Dominique SCHMELTZ, Julia SCHMIDT, Clara Seligman, Léopoldine Siaud, Anne SINCLAIR, SMAIN, Ibrahime Sorel Keita, Yoann SPORTOUCH, Lyne STAMBOULI, Fodé SYLLA, Brigitte Stora, TEFA, Edmond THANEL, Jérémy THANEL, Patricia THIBAUD, Sylvie TESTUD, Dominique Tricaud, Robert ZARADER, VALÉRY ZEITOUN, Mike Guimond, Rod Lejeune, Jerome Richelme, Mathieu Gerard, Kevin Varenne, Muttonheads, Eden Martin, Mathieu Bouthier, Brann, New Gang, Nivnal, Bordo, Sinusic, Joe Burns, Agrume & Lounes, Grand Garden, K'n'R, Himan, ErolFlynn, Damian Lorentz, Chris Limayrac, Alexandra Miliotis, Dominique RIchelme, Melvin guimond, Owen Guimond, Dan Guichard, Chris LYMAYRAC, Bernard Vidal, Nadine BERREBI, Emmanuel BOOZ, SAFINEZ BOUSBIA, Cyril Montana, Julie Mamou-Mani, Ella Kélian, Eric Covarel Garcia, Sébastien Drouin, Julien DEROUAULT, Marie-Claude PIETRAGALLA, Laurent JOFFRIN , Khadra SADEK, Alexia Laroche-Joubert, Gilles Clavreul, Thomas Kerting, Daniel COLLING, Abdelaziz AMMARI, Georges Sebag Cécile Barbitch, Amélie BENAIS, Philippe Hardouin, Serge SIMON, L'Institut du Monde Arabe, Le collectif L'Apostrophe.

     

     

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