• L'état d'urgence : l'appel à la vigilance d'une historienne

     

    L'état d'urgence : l'appel à la vigilance d'une historienne

    Une semaine après les attentats du 13 novembre, le parlement a voté la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois. Une période durant laquelle l'état dispose des prérogatives étendues. Thomas Snégaroff revient sur la création de cette disposition dérogatoire dans la vie de la République avec son invitée, Sylvie Thénault, historienne spécialiste de la guerre d'algérie.

    Une semaine après sa prolongation pour trois mois, l’état d’urgence pose question, pour Sylvie Thénault, historienne spécialiste de la guerre d’Algérie il faut rester vigilant : « Sur la longue durée on ne sait pas prévoir quels usages en seront faits. On ne sait pas prévoir qui, à l’avenir aura cet outil entre les mains ».

    La genèse de l’état d’urgence nous plonge plus loin au tout début de la guerre d’Algérie. Le premier novembre 1954, le Front de Libération Nationale (le FLN), lance l’insurrection contre le pouvoir français en Algérie, une période appelée : la Toussaint rouge. Les troupes se déploient contre les maquis, et les militants fichés sont arrêtés. Mais l’Algérie comporte alors trois départements français. Le gouvernement de  l’époque refuse de déclarer l’état de guerre, il crée donc un état intermédiaire « plus libéral et plus souple » selon Edgar Faure, président du Conseil en mars 1955 : l’état d’urgence est né.
    Trois ans en plus tard en 1958, Charles de Gaulle est au pouvoir. En Algérie quatre généraux prennent le pouvoir : c’est le putsch d’Alger, l’état d’urgence est étendu à toute la France par l’article 16 de la nouvelle constitution. Le gouvernement peut ainsi prendre des décisions sans passer par la voie parlementaire.

    « Cela voulait dire la guerre sans la déclarer » explique Sylvie Thénault, historienne spécialiste de la guerre d’Algérie. « Avec l’état d’urgence, les pouvoirs spéciaux restent aux mains du pouvoir civil et ne sont pas transférés à l’armée. C’est la différence avec l’état de guerre ». Cette nuance explique également pourquoi Edgar Faure, décrit les insurgés comme des « criminels » et non des soldats.

    Mais cette décision ne se déroule pas sans protestation. Les communistes scandent que l’état d’urgence en Algérie est un prétexte pour mater les révoltes ouvrières. On sort effectivement de l’insurrection des mineurs de 1948. « L’état d’urgence n’a jamais servi à une répression de ce type mais il est vrai qu’une fois en place, on ne sait jamais à l’avance qu’elle en sera la finalité », poursuit Sylvie Thénault.

    Aujourd’hui, l’état d’urgence a été voté presque unanimement. Mais des voix discordantes se font entendre comme celles des communistes en 1955. L’état d’urgence, en 2015 pourrait servir de prétexte au gouvernement pour empêcher, sans contrôle parlementaire et judiciaire, les manifestations qui auraient du avoir lieu en marge de la COP 21.

    Hugo Barbieux

    Source : http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/letat-durgence-lappel-vigilance-dune-historienne-1142675

     


    L'Etat d'urgence, une guerre qui ne dit pas son... par publicsenat

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  • Le drapeau français plébiscité :

     Une signification ambiguë.

     Il a rarement fait l'unanimité

     

    Par Jean Garrigues
    Historien

    Depuis les attentats, le drapeau français est partout et ne s’affiche plus seulement sur Facebook. Alors que les ventes sont déjà en forte progression, François Hollande a invité les Français à "pavoiser" de drapeaux leur domicile lors de l’hommage solennel qui sera rendu aux victimes ce vendredi aux Invalides. L’historien Jean Garrigues revient sur l’histoire tumultueuse de ce symbole.

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    Le drapeau français plébiscité :   Une signification ambiguë.   Il a rarement fait l'unanimité

    Un drapeau français disposé devant le restaurant "Le Petit Cambodge" à Paris, le 22 novembre 2015 (L. CIPRIANI/SIPA).

    La France a un rapport à son drapeau national complexe et ambigu. À la différence d’autres pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, afficher ses couleurs ne va ici pas de soi du tout.

    En France, brandir le drapeau tricolore aurait plutôt tendance à vous classer à droite voire à l’extrême droite. Il fut longtemps perçu (et il le reste encore en partie) comme un symbole nationaliste avant d’être un symbole national.

    En raison de l’appropriation et de l'utilisation de ce symbole par un parti comme le Front national ? Oui, mais pas seulement. En réalité, les ambiguïtés qui existent autour de ce drapeau existent depuis son apparition…

    Un symbole de la Révolution... et de l'Ancien Régime 

     À l’origine, rappelons d’abord que le tricolore n’est pas un drapeau mais une cocarde arborée par les révolutionnaires de 1789.

    Juste après la prise de la Bastille, ils la font même porter par Louis XVI en signe d’unité, le 17 juillet. Le rouge et le bleu sont les couleurs de Paris, revendiquées notamment par une milice de révolutionnaires. Le blanc, lui, renvoie à la monarchie.

    On trouve ici une première ambiguïté du tricolore : ces couleurs sont revendiqués par les révolutionnaires mais ils sont aussi depuis des années les couleurs qui figurent sur les uniformes des officiers de l’Ancien Régime…

    Deux dimensions s’opposent donc déjà : le tricolore est pour les uns un symbole révolutionnaire et pour d’autres un symbole de conservatisme, de continuité. C’est un symbole certes d’unité mais qui a des significations différentes selon le camp dans lequel on se trouve. 

    C'est Napoléon qui fait du tricolore le drapeau français 

     Cette ambiguïté sur le sens de ce drapeau va être renforcée un peu plus tard, avec Napoléon Ier, lorsqu'il décide de faire du tricolore le drapeau de la France, en 1804. Nous sommes alors sous un régime autoritaire, et la gauche n’apprécie pas du tout que le pouvoir bonapartiste s’approprie ce symbole révolutionnaire. Dès lors, elle va s’en éloigner, assimilant désormais le tricolore à ce type de régime, la tyrannie, et au conservatisme.

    Tout au long du XIXe siècle, au gré des révolutions et des changements de régime, les ambiguïtés ne vont pas disparaitre, bien au contraire. Si le tricolore redevient un symbole d’émancipation pour la gauche lors des Trois Glorieuses qui mettent fin à la Restauration en 1830, comme l’illustre le tableau de Delacroix "La liberté guidant le peuple", tout change dix huit ans plus tard.

    Quand la Monarchie de Juillet tombe en 1848, c’est le drapeau rouge que les révoltés revendiquent désormais. Car entre-temps, le monarque en place, Louis-Philippe, s’est réapproprié le tricolore…

    Avant même le XXe siècle, la signification du drapeau tricolore est donc loin de faire l’unanimité. Il y a une concurrence symbolique pour lui donner du sens et l’on sent déjà une certaine gêne de la gauche française à le mettre en avant.

    La gauche française préfère le drapeau rouge 

    Une réticence qui va ne faire que s’amplifier avec les deux conflits mondiaux. Avant la guerre de 14-18, l’extrême droite n’a de cesse de tenter de s’approprier les symboles tricolores, du drapeau à la Marseillaise, leur donnant une connotation non plus seulement conservatrice mais aussi nationaliste.

    Au même moment, la gauche française, quant à elle,fait le mouvement inverse : elle se tourne davantage vers le socialisme, le pacifisme et l’internationalisme. Lorsque Jaurès s’oppose à la guerre en 1913, dans son célèbre discours du Pré Saint-Gervais, il parle devant un drapeau rouge.

    La guerre 14-18 marque alors un divorce profond entre la gauche et le drapeau tricolore. Ce drapeau n’est plus du tout vu que comme un symbole d’unité mais comme un drapeau de guerre, un drapeau belliqueux, un drapeau ensanglanté, un drapeau colonialiste. Un divorce que l’on perçoit bien dans le poème du jeune Jean Zay, futur ministre du Front populaire, qui attaque avec des mots très durs "Le Drapeau", symbole de l’hécatombe du premier conflit mondial.

    Une certaine réconciliation symbolique est pourtant observée sous le Front populaire, où drapeaux rouges et drapeaux tricolores cohabitaient dans les cortèges des manifestations. Mais le second conflit mondial va vite réanimer une forme de concurrence, avec deux France revendiquant un même symbole, celle de la Résistance et celle de Vichy. Une nouvelle concurrence symbolique apparaît...

    L'extrême droite et le FN ont annexé ce symbole 

    À la Libération, le tricolore va vite se révéler indissociable du gaullisme, qui va écraser en quelque sorte l’espace symbolique pendant plusieurs décennies.

    C’est pourquoi en Mai 68, dans les rangs étudiant et ouvrier, le tricolore est d’ailleurs vivement rejeté car associé à cette figure de la droite : le drapeau rouge est vu comme un drapeau d’émancipation quand le drapeau national est perçu comme celui du gaullisme et de la société bloquée.

     Mais dans le même temps, l’extrême droite, tout comme elle l'a fait à la fin XIXe siècle et au début du XXe, s’efforce de remettre la main sur ce symbole et bien d’autres. Une stratégie dont le point d’orgue est la création du fameux logo du FN, cette flamme aux couleurs bleu-blanc-rouge, qui est une véritable annexion de ce symbole par un parti.

    Le drapeau français plébiscité :   Une signification ambiguë.   Il a rarement fait l'unanimité

    Affiches électorales au siège du FN à Nanterre, le 27 mai 2014

     (N. MESSYASZ/SIPA).

    Dès lors, de nouveau, le drapeau français se trouve clairement relégué sur la droite, et même à l’extrême droite. Comme si le consensus autour de ce symbole était encore une fois impossible. 

    Comment, au vu de cette histoire complexe et ambiguë, expliquer qu’aujourd’hui, au-delà des circonstances dramatiques, le drapeau semble enfin faire consensus et que ce soit même un président de gauche qui en fasse la publicité, tel François Hollande ?

    En vérité, ce moment s'inscrit dans une dynamique qui n’est pas nouvelle. Notons d’abord que dans les années 1990, avec des hommes comme Jean-Pierre Chevènement ou Max Gallo, apparaît un courant politique à gauche qui place les valeurs de la République au cœur d’un projet socialiste.

    Dans le même temps, le rapport au général de Gaulle s’apaise à gauche avec le 20e anniversaire de sa mort. C’est le moment du déclin mitterrandiste, et surtout de la chute du bloc communiste. Privées de ses illusions, la gauche se recentre sur les valeurs républicaines.

    Révélateur d'une droitisation de la société ? 

    Cette dynamique se poursuit dans les années 2000. En 2007, un pas symbolique supplémentaire est franchi puisque Ségolène Royal fait revenir des drapeaux français dans des meetings du PS, ce qui n'est pas sans provoquer un certain émoi.

    Les plus optimistes verront dans ce retour au drapeau un retour à l’esprit originel d’unité de 1789 quand ces couleurs étaient arborées à la fois par les révolutionnaires et par Louis XVI. Comme si gauche et droite se reconnaissaient enfin à nouveau tous les deux dans ce symbole.

    Il faut néanmoins également mentionner que cette dynamique s’inscrit aussi dans un mouvement de droitisation général de la société, voire même de repli identitaire, avec des discours de plus en plus régulièrement axés sur le retour aux valeurs (débats sur l'école et la remise en place d'une forme de service militaire…). Mais faut-il parler à cet égard de droitisation ou tout simplement d’une nouvelle acculturation républicaine ? 

    Mais l’histoire de ce drapeau est tellement complexe, riche et ambiguë qu’il est au fond difficile de savoir, dans le phénomène actuel, la part qui relève d’un repli nationaliste ou celle qui témoigne d’une réelle volonté de rassemblement sur les valeurs patriotiques de la république. C’est une histoire en mouvements.

    Propos recueillis par Sébastien Billard

    SOURCE :  http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1453417-le-drapeau-francais-plebiscite-une-signification-ambigue-il-a-rarement-fait-l-unanimite.html

    Le drapeau français plébiscité :   Une signification ambiguë.   Il a rarement fait l'unanimité

    France 1998 les images de tout un peuple réuni

     C'était la France "Black-Blanc-Beur"

     

    Le drapeau français plébiscité :   Une signification ambiguë.   Il a rarement fait l'unanimité

     

    Aujourd'hui en 2015

    Pendant l'hommage Paris se fige "pour ne jamais oublier"

     Quand on a que l'amour
    Pour parler aux canons
    Et rien qu'une chanson
    Pour convaincre un tambour

    Le drapeau français plébiscité :   Une signification ambiguë.   Il a rarement fait l'unanimité

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  • BEAUCAIRE, APRES L' INTERDICTION PREFECTORALE

    Avec l'autorisation de reproduction du Figaro.fr

    Guerre d'Algérie : le maire FN de Beaucaire débaptise

    une rue

    Le maire Front national de Beaucaire (Gard) Julien Sanchez a débaptisé la rue du 19 mars 1962, date marquant officiellement la fin de la guerre d'Algérie, au profit du 5 juillet 1962, marquant le massacre d'Européens à Oran, a indiqué aujourd'hui la mairie.
    La nouvelle plaque a déjà été posée et administrativement, ce changement entrera en vigueur dimanche 29 novembre. En revanche, la cérémonie que le maire, également tête de liste FN dans le Gard pour les régionales, avait prévue à une semaine du premier tour, a dû être annulée en raison de l'interdiction préfectorale de rassemblement sur la voie publique.
    En mars 2015, Robert Ménard, maire de Béziers, proche du FN et né à Oran, avait débaptisé la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom d'Hélie Denoix de Saint-Marc, un militaire partisan de l'Algérie française ayant pris part au putsch des généraux.

    SOURCE : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/11/27/97001-20151127FILWWW00299-guerre-d-algerie-le-maire-fn-de-beaucaire-debaptise-une-rue.php

    BEAUCAIRE, APRES L' INTERDICTION PREFECTORALE

     

     

     BEAUCAIRE, APRES L' INTERDICTION PREFECTORALE


    Nous, associations, organisations syndicales et politiques signataires de l'appel "NON au changement de nom de la rue du 19 mars 1962" prenons acte que, par un arrêté, le Préfet du Gard interdit toute manifestation entre le samedi 28 et le lundi 30 novembre inclus ; nous avions attiré son attention sur la forte émotion et sur les craintes pour l'ordre public que représentait la manifestation prévue par la mairie Front national de Beaucaire qui souhaitait mettre en scène le changement de plaque de la rue du 19 mars 1962 en le faisant coïncider avec le départ de la procession du pélerinage de Santa Cruz, dimanche 29 Novembre 2015. Nous avons été entendus. (Je précise il y a aussi l'Etat d'urgence et la Cop21 pour être complet).

    Sur le fond, nous restons mobilisés : nous demandons que le Préfet casse la délibération du conseil municipal de Beaucaire incriminée et nous réaffirmons que nous sommes totalement opposés à ce que disparaisse la mention du 19 mars 1962 à Beaucaire ou ailleurs: cette date a été choisie par la représentation nationale (loi du 6 décembre 2012) comme " la journée nationale à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc". Elle s'inscrit comme une date de paix qui doit rassembler toutes les mémoires de la guerre ayant mis fin au colonialisme en Algérie.

    Association les Anciens Appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre,

    Association France-El Djazaïr,

    Association France Palestine Solidarité Nîmes,

    Association des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis,

    Association Républicaine des Anciens Combattants Montpellier,

    Association Républicaine des Anciens Combattants 30,

    Association Sortir du Colonialisme,

    CGT UD 30,

    CNT 30,

    Collectif biterrois de l'Appel des Cent et du Mouvement de la Paix,

    Ensemble!,

    FSU 30,

    Libre Pensée,

    Ligue des droits de l'Homme Arles,

    Ligue des droits de l'Homme Languedoc Roussillon,

    Ligue des droits de l'Homme Nîmes-Beaucaire,

    Ligue des droits de l'Homme Nord Alpilles Chateaurenard,

    Mouvement de la Paix 30,

    Mrap Lunellois Petite Camargue,

    Parti Communiste Français,

    Parti de Gauche,

    Rassemblement Citoyen pour Beaucaire,

    Réseau Anticapitaliste et AutoGEstionnaire 30,

    Réagir pour Beaucaire,

    Solidaires 30,

    SOS Racisme.

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  • BEAUCAIRE, NOUVEAUX APPELS A MANIFESTER

     

    BEAUCAIRE, NOUVEAUX APPELS A MANIFESTER

    Appel à manifester le 29 novembre, à 9 h rue du 19-mars-1962 à Beaucaire

    Nous nous opposons au changement de nom de cette rue voté par l'actuelle majorité Front national de la municipalité de Beaucaire constituée de nostalgiques du colonialisme . Ces élu-e-s locaux violent la loi votée par la représentation nationale le 6 décembre 2012 qui reconnaît le 19 mars 1962 comme la journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.  

    Cette reconnaissance est le résultat d'un long chemin de vérité et de justice dû à toutes celles et à tous ceux qui ont été marqué-e-s dans leur chair par la guerre d'Algérie des deux côtés de la Méditerranée mais aussi aux générations qui en sont issues. Nous connaissons le prix de la guerre, nous voulons qu'il permette à toutes les générations de vivre ensemble et de se regarder avec respect.  

    Si le chemin n'est pas terminé, il n'appartient pas à une vingtaine d'élu-e-s municipaux d'instrumentaliser des morts, de manipuler les mémoires pour effacer la signature des accords d'Evian, acte de paix qui a été reconnu par référendum à 90% en France, à 87% à Beaucaire.  

    Violer la loi, rallumer la guerre, prendre une revanche facile plus de 50 ans après, attiser les rancoeurs et les haines, voilà ce que propose aujourd'hui le Front national à Beaucaire. Nous nous opposons à ce mauvais coup qui veut faire polémique et porter atteinte à la cohésion sociale à Beaucaire; nous nous opposons à cette entreprise qui n'est qu'une vengeance idéologique du Front national à la recherche d'électeurs.  

    Rassemblement le 29 Novembre 2015 à 9 h, rue du 19 mars 1962

    (angle avenue du Maréchal Juin) à Beaucaire

     

    Voir le plan du lieu avec le lien https://goo.gl/maps/6FpoFR6z2cp

     

    Les signataires au 24 novembre 2015

    Association les Anciens Appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre,

    Association France-El Djazaïr,

    Association France Palestine Solidarité Nîmes,

    Association des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis,

    Association Républicaine des Anciens Combattants Montpellier,

    Association Républicaine des Anciens Combattants 30,

    Association Sortir du Colonialisme,

    CGT UD 30,

    Collectif biterrois de l'Appel des Cent et du Mouvement de la Paix,

    Ensemble!,

    FSU 30,

    Libre Pensée,

    Ligue des Droits de l'Homme-Languedoc-Roussillon

    Ligue des droits de l'Homme-Arles,

    Ligue des droits de l'Homme- Nîmes-Beaucaire,

    Ligue des droits de l'Homme- Nord Alpilles Chateaurenard,

    Mouvement de la Paix 30,

    MRAP Lunellois Petite Camargue,

    Parti Communiste Français,

    Parti de Gauche,

    Rassemblement Citoyen pour Beaucaire,

    Réseau Anticapitaliste et AutoGEstionnaire 30,

    Réagir pour Beaucaire,

    Solidaires 30,

    SOS Racisme.

     

    Sanchez revisite la guerre d’Algérie

    RPB (Réagir Pour Beaucaire)  condamne fermement la décision du conseil municipal de Beaucaire de débaptiser la rue du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu mettant fin à la guerre d’Algérie.Monsieur le Maire de Beaucaire.

    Il y a quelques mois, à la suite de Robert Ménard à Béziers, vous décidiez de débaptiser la rue du 19 mars 1962. Depuis, nous attendions, nous demandant avec appréhension quel mauvais coup vous pouviez bien préparer. Il ne vous suffisait pas d’effacer à Beaucaire le souvenir du 19 mars 1962, un événement marquant de notre histoire, il fallait encore ajouter à cet assassinat de la mémoire le mensonge et la falsification.

    BEAUCAIRE, NOUVEAUX APPELS A MANIFESTER


    C’est en effet un mensonge que d’affirmer comme vous le faites que « cette date, le 19 mars 1962, est considérée comme une insulte et une offense par nombre de français », quels français, les nostalgiques du colonialisme, les tortionnaires à la retraite, les tueurs de l’OAS ?

    Et c’est une grossière et dangereuse falsification de l’histoire, de type révisionniste, que de vouloir substituer à cette date historique celle d’un massacre, horrible certes, mais qui venait après tant d’autres, dont il est inséparable, et qu’on ne peut détacher du contexte de cette épouvantable guerre coloniale et de son déchaînement de haines et de violences criminelles.

    La date du 19 mars 1962, marque, en effet, officiellement, la fin de la guerre d’Algérie, une guerre qui a causé des centaines de milliers de morts, d’innombrables victimes, à jamais meurtries dans leur chair et dans leur esprit, qui a profondément divisé notre pays et dont les séquelles douloureuses se font sentir aujourd’hui encore plus d’un demi-siècle après les événements.

    Ce n’est pas un hasard si ce sont d’abord les anciens combattants de cette guerre coloniale, eux qui payèrent le prix fort, et leur association la FNACA, qui ont, les premiers, et pendant longtemps, ardemment milité pour que, partout en France, le nom d’une rue, d’une avenue, d’une place perpétue le souvenir du 19 mars 1962, fin de leur cauchemar personnel, de celui de toute une génération de jeunes appelés, et de celui de toute une nation qui venait de vivre une des plus grandes épreuves de son histoire. Et c’est à la demande de la FNACA que fut baptisée cette rue à Beaucaire. (http://www.fnaca.org/actualites/132-message-du-comite-national-de-la-fnaca-pour-le-19-mars-2013) 

    Vous prenez prétexte que des événements tragiques, tueries et exactions, abominables en effet, se commirent encore en Algérie après cette date du 19 mars 1962, alors que la paix était officiellement signée. Mais comment imaginer qu’une guerre affreuse qui a duré plusieurs années, avec son cortège d’exactions et d’horreurs, puisse s’arrêter du jour au lendemain comme par enchantement. Nous savons bien que ces périodes de transition entre la guerre et la paix, incertaines, souvent marquées par la vacance du pouvoir, sont propices aux règlements de comptes et aux agissements criminels, tout cela, souvent, sur fond de gangstérisme, de luttes de clans et de bas calculs politiques.

    C’est, hélas, ce qui se passa à Oran, ce 5 juillet 1962, où furent massacrés plusieurs centaines de français d’Algérie. Ces victimes ont droit au respect et à la compassion, leurs familles et leurs descendants, ont droit à la vérité sur ces tragiques événements qui doivent être connus et reconnus mais à toute la vérité, pas à une pseudo vérité partielle et partiale, manipulée et instrumentalisée.

    Est-il pire insulte faite aux victimes que l’on prétend honorer que de se servir de leur mort pour ranimer les divisions et les haines en semant la confusion dans les esprits et en essayant de propager une vision travestie et faussée, d’événements historiques que chaque citoyen se doit de connaître dans leur intégrité. Le 19 mars 1962 marquait le retour de la paix, une paix durement gagnée et chèrement payée, pour laquelle luttèrent des centaines milliers de français. Vous effacez un symbole de paix !

    Rose-Marie Cardona, élue de la liste Réagir pour Beaucaire, a voté contre votre scandaleuse proposition lors du dernier conseil municipal et nous avons demandé solennellement à tous les élus des différentes oppositions de ne pas se faire vos complices et de s’associer à notre démarche de résistance. Nous appelons tous les Beaucairoises et Beaucairois, et non seulement ceux qui vont être pénalisés par un changement d’adresse, à se mobiliser sans tarder pour faire échouer ce mauvais coup.

    RPB

    BEAUCAIRE, NOUVEAUX APPELS A MANIFESTER

    Et la FNACA qui n’avait pas signé  l’Appel au 24 novembre 2015 va-t-elle réagir comme à Béziers, ne pas s’associer à la manifestation ? Il est, en effet, très étonnant que ce soit la commission « Mémoire-Histoire » qui réagit :

    La commission « Mémoire-Histoire » de la FNACA condamne fermement la décision du conseil municipal de Beaucaire (Gard) de débaptiser la rue du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu mettant fin à la guerre d’Algérie.

    Elle exprime sa profonde  indignation face à une attitude odieuse, révélatrice du mépris à l’encontre des militaires de l’armée française ayant servi durant la guerre d’Algérie et porté dignement, dans des conditions difficiles , les couleurs de la France.

    Elle s’élève contre cette infamie, cette insulte manifeste portée à la mémoire de nos 30 000 frères d’armes morts pour la France au printemps de leur vie.

    Elle s’insurge contre cette offense faite à la France…

    BEAUCAIRE, NOUVEAUX APPELS A MANIFESTER

     

     

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  • Guerre à la guerre

    Par Jacques CROS

    J’ai reçu de deux correspondants une série de dessins réalisés par des professionnels après les attentats criminels du 13 novembre en hommage aux victimes. Celui que j’ai choisi pour illustrer mon article est celui qui correspond le mieux à ce que je ressens : je refuse la logique de guerre dans laquelle on nous a engagés et qu’on veut poursuivre.

    Il va de soi que je n’ai aucune espèce de sympathie pour les terroristes et pour DAEHS. Pour autant je n’absous pas les puissances impérialistes qui ont créé la situation actuelle. Je dirai que chronologiquement ce sont elles les premières responsables.

    La guerre est leur réponse à la crise économique que traverse le monde. Je ne reviens pas sur cette analyse je l’ai développée à plusieurs reprises. Cette donnée me parait l’essentiel dans le contexte actuel.

    Bien sûr les partisans du recours à la force armée ne manquent pas d’habileté et exploitent tous les arguments dont ils disposent pour justifier la nécessité d’amplifier un conflit déjà douloureux. Le terrorisme et DAESH les aident parfaitement dans cet objectif.

    Mais on ne peut pas accepter que la guerre qui menace d’embraser la planète soit la solution aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il faut dépasser les apparences et chercher les causes profondes qui la génèrent.

    Il y a à faire car l’opinion est bien conditionnée par l’idéologie dominante et les médias à son service qui masquent les raisons réelles de ce qui se passe. Les derniers événements graves qui sont intervenus entre la Turquie et la Russie sont pourtant révélateurs de ce qui est en jeu.

    Jacques CROS

    Guerre à la guerre  Par Jacques CROS

    En complément à l’article de Jacques Cros

    A qui sert les guerres ? Je veux comprendre ?

    La France est en guerre continuellement… depuis 2001. Elle sort d’une guerre en Afghanistan, lourde de civils assassinés. Les droits des femmes y sont toujours bafoués, tandis que les talibans regagnent chaque jour du terrain. Elle sort d’une guerre en Libye qui laisse le pays ruiné et ravagé, avec des morts par milliers et des armes qui approvisionnent tous les jihads. Elle sort d’une intervention au Mali. Les groupes jihadistes liés à Al-Qaeda ne cessent de progresser et de perpétrer des massacres. A Bamako, la France protège un régime corrompu jusqu’à l’os, comme au Niger et au Gabon. Les oléoducs du Moyen-Orient, l’uranium exploité dans des conditions monstrueuses par Areva, les intérêts de Total et de Bolloré ne seraient pour rien dans le choix de ces interventions très sélectives, qui laissent des pays dévastés ? En Libye, en Centrafrique, au Mali, la France n’a engagé aucun plan pour aider les populations à sortir du chaos. Or il ne suffit pas d’administrer des leçons de prétendue morale (occidentale). Quelle espérance d’avenir peuvent nourrir des populations condamnées à végéter dans des camps ou à survivre dans des ruines ?

    La France prétend détruire Daech ? En bombardant, elle multiplie les jihadistes. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Comme en Irak, certains de ces civils finiront par se solidariser avec les jihadistes : ces bombardements sont des bombes à retardement.

    Daech est l’un de nos pires ennemis : il massacre, décapite, viole, opprime les femmes et embrigade les enfants, détruit le patrimoine mondial. Dans le même temps, la France vend au régime saoudien, pourtant connu pour financer des réseaux jihadistes, des hélicoptères de combat, des navires de patrouille, des centrales nucléaires ; l’Arabie Saoudite vient de commander 3 milliards de dollars d’armement ; elle a réglé la facture des deux navires Mistral, vendus à l’Egypte du maréchal Al-Sissi qui réprime les démocrates du printemps arabe. En Arabie Saoudite, ne décapite-t-on pas ? N’y coupe-t-on pas les mains ? Les femmes n’y vivent-elles pas en semi-esclavage ? Engagée au Yémen au côté du régime, l’aviation saoudienne a bombardé les populations civiles, détruisant au passage des trésors architecturaux. Bombardera-t-on l’Arabie Saoudite ? Ou bien l’indignation fluctue-t-elle selon les alliances économiques de l’heure ?

    La guerre au jihad, dit-on martialement, se mène en France aussi. Mais comment éviter que ne sombrent des jeunes issus en particulier des milieux populaires, s’ils ne cessent d’être partout discriminés, à l’école, à l’embauche, dans l’accès au logement ou dans leurs croyances ? Et s’ils finissent en prison. En les stigmatisant davantage ? En ne leur ouvrant pas d’autres conditions d’existence ? En niant leur dignité revendiquée ? Nous sommes ici : la seule manière de combattre concrètement, ici, nos ennemis, dans ce pays devenu le deuxième vendeur d’armes mondial, c’est de refuser un système qui, au nom du profit à courte vue, produit partout plus d’injustice. Car la violence prolifère sur la misère et les inégalités dont, année après année, les rapports de l’ONU montrent qu’elles s’accroissent, entre pays du Nord et du Sud, et au sein des pays dits riches. L’opulence des uns a pour contrepartie l’exploitation et l’oppression des autres. On ne fera pas reculer la violence sans s’attaquer à ses racines. Il n’y a pas de raccourcis magiques : les bombes n’en sont pas.

    Guerre à la guerre  Par Jacques CROS

    Les 1% possèdent 50% du monde.

     La nausée devant le rapport 2015

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