• 411 morts en Seine-Maritime. Enfin un Mémorial, à Rouen pour les disparus de la guerre d'Algérie

    411 morts en Seine-Maritime.

     Enfin un Mémorial, à Rouen

     pour les disparus de la guerre d'Algérie

    Jean-Pierre Marchand et son épouse, Nadine, travaillent à un projet de Mémorial, à Rouen, pour ne pas oublier les 411 tués de la guerre d'Algérie, parmi lesquels neuf disparus.

    411 morts en Seine-Maritime.   Enfin un Mémorial, à Rouen   pour les disparus de la guerre d'Algérie

    Jean-Pierre Marchand et son épouse, Nadine, travaillent depuis de nombreux mois à l'élaboration d'un Mémorial pour les disparus de la Guerre d'Algérie, en Seine-Maritime (Photo © Isabelle Villy)

    Il s’appelait André Alexandre. Enfant de l’Assistance publique, il résidait à Quévreville-la-Poterie, près de Rouen (Seine-Maritime), où il travaillait. Puis une peine de cœur le décidera à s’engager… sauf qu’à cette époque, c’était la guerre d’Algérie… ou plutôt ce qu’il convenait à l’époque d’appeler « Les événements d’Algérie », formulation qui rappelle combien cette guerre a longtemps refusé de dire son nom. Voici donc André Alexandre en Algérie, mais, en 1956, il écrit à ses patrons pour leur raconter ce qu’il vit et il annonce qu’il veut rentrer en France à la fin de son engagement. Son rêve, tel qu’il l’a exprimé ? «Envoyez-moi un poulet ! Je rêve de manger du poulet»… Enlevé avec deux de ses amis par les partisans, André Alexandre sera “trimballé” de village en village et trouvera une mort atroce, massacré par la population…

    Des heures de recherches

    Pendant quelque temps, il a fait partie des « disparus » en Algérie, ceux dont on n’avait aucune dépouille à rapatrier. Puis, un de ses amis se trouvant dans le secteur où il avait disparu, a recueilli les confidences du père d’un partisan, qui lui a révélé l’endroit où se trouvait Alexandre. Il a ainsi été retrouvé, quatre mètres sous terre, égorgé et les mains attachées dans le dos avec du fil barbelé… Aujourd’hui, André Alexandre repose au cimetière de Quévreville-la-Poterie. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune. Cette histoire, ce sont Nadine et Jean-Pierre Marchand, qui l’on, peu à peu, reconstruite, à force de recherches, d’heures de veille, penchés sur des registres d’état-civil, sur des documents en tous genres.

    Seine-Maritime : 411 tués dont 9 disparus

    La guerre d’Algérie, c’est une période inoubliable pour Jean-Pierre Marchand. Il l’a lui-même vécue et en est revenu comme nombre des jeunes hommes de son époque, marqué et meurtri. Des blessures qu’il tente toujours d’exorciser au travers d’écrits, secondé avec patience par son épouse, Nadine, qui met à sa disposition toute l’étendue de sa compétence. Leur dernier projet ? Un Mémorial pour les disparus d’Algérie. Une idée qui a germé peu à peu et dont les contours ont commencé à se dessiner jusqu’à jeter les bases du travail (immense) à accomplir. Le processus est désormais bien engagé, les démarches effectuées auprès des décideurs qui peuvent financer le projet, qui s’inscrit dans le cadre de l’association du Mémorial départemental de la Seine-Maritime, Algérie-Maroc-Tunisie 1952-1962.

    Notre département a payé un lourd tribut à cette guerre, avec un chiffre, non exhaustif, de 411 tués, dont 9 disparus. Près de 200 communes ont été touchées. Ces 411 Seinomarins méritent que leurs noms soient rassemblés et gravés dans la pierre », plaide Jean-Pierre Marchand, qui a d’ores et déjà, avec son épouse, commencé à travailler sur une liste de 200 noms et 30 actes d’état-civil.

    Un travail fastidieux confirme l’épouse du président, car sur tous les noms, « certains sont mal orthographiés, certains n’ont pas pris part à ce conflit ». Un travail de fourmi au cours duquel il convient de lever toutes les ambiguïtés ou confusions qui peuvent apparaître au sujet de certains noms. Un travail d’historien enfin, qui exige beaucoup de rigueur, en l’occurrence nourrie par la quête de Jean-Pierre et Nadine Marchand, qui ne s’écartent pas de la mission fixée au départ.

    Un Mémorial cours Carnot, à Rouen

    Au terme de 10 000 heures de recherches, entrecoupées de moments de découragement, ils peuvent aujourd’hui se dire qu’ils sont sur la bonne voie : la Ville de Rouen a d’ores et déjà accordé l’emprise de terrain qui accueillera (pour 2016 ?) le Mémorial des disparus de la Guerre d’Algérie : il se trouvera cours Carnot, devant les bâtiments du Département, près du monument de la Victoire et de la stèle des tués en Indochine. Un lieu ayant donc clairement vocation à créer une place du souvenir. Les disparus retrouveront une identité, plus de 50 ans après la signature des accords d’Évian, en 1962, qui mirent fin à des années de guerre.

    Aller plus loin que la « mémoire officialisée »

    " Nous aimerions que ce Mémorial permette d’aller plus loin que la mémoire officialisée. La vocation de ce lieu est qu’il soit un lieu vivant, fréquenté, animé, où devra se mettre en pratique une véritable pédagogie d’animation culturelle ", insiste Nadine Marchand, qui n’emploie pas, pour sa part, le terme de devoir de mémoire : non qu’elle en réfute le sens, bien au contraire, elle l’estime indispensable. Mais elle constate également que l’expression est devenue galvaudée, quelque peu vidée de son sens, tant elle est utilisée…

    SOURCE : http://www.normandie-actu.fr/411-morts-en-seine-maritime-enfin-un-memorial-a-rouen-pour-les-disparus-de-la-guerre-d-algerie_169877/

     

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